Hérault : du rififi à la Protection civile

INFO MÉTROPOLITAIN. Depuis mars 2016, la Protection civile de l’Hérault est plongée dans des procédures entre bénévoles et dirigeants. Détournements de fonds, menaces de mort, divulgation du secret médical, le calme ne semble plus être de rigueur dans cette association de secourisme.

8 bénévoles sur la touche

Lors de la dernière assemblée générale, le 19 mars dernier, la majorité des membres présents était visiblement contre l’ancien bureau, puisque celui-ci a été dissous à la majorité des voix. « Lors de l’apurement des comptes, il apparaissait que des retraits en liquide avaient été effectués, sans justificatifs présentés et que des relevés bancaires étaient manquants » – nous rapportait mardi, Philippe Durand, trésorier du bureau provisoire.

Face à cette situation, les membres avaient présenté deux solutions, la première consistait à une mise sous tutelle par une Protection civile limitrophe, la seconde, la nomination d’un bureau provisoire. L’assemblée a alors voté pour qu’un bureau provisoire soit élu pour exécuter les affaires courantes.

Préfet et procureur saisis

Aussitôt élu, le bureau provisoire, présidé par Pascal Rousset à suspendu six bénévoles à titre conservatoire. Les motifs sont variés, mais une pluie d’accusations agite les deux parties.

L’un des bénévoles suspendus, anciennement directeur départemental des opérations de secours, a déposé plainte le 9 juin dernier auprès du procureur de la République de Béziers pour « dénonciation calomnieuse, discrimination et exploitation de personnes vulnérables ». Après six mois d’enquête, celle-ci a été classée sans suite le 5 décembre, pour manque de preuves suffisantes, les faits n’ont pu être clairement établis, selon le procureur.

Ce même bénévole avait saisi le préfet de l’Hérault, le 10 octobre dernier, pour dénoncer un bureau provisoire non prévu par les statuts et contester les conditions du vote. Dans cette correspondance, il alertait également le préfet sur une « diminution des effectifs opérationnels », un « manque cruel de formation continue » et également « le non-respect de la mise en oeuvre du référentiel national des missions de sécurité civile »« laissant craindre une carence lors de la prise en charge des victimes ».

La Protection civile répond

« Dans une association loi 1901, il doit y avoir un président, un trésorier et un secrétaire » répond Philippe Durand sur le fondement du « bureau provisoire », tout en indiquant que le choix a été soumis à l’assemblée générale et adopté à la majorité des voix.

Début décembre, un bénévole supplémentaire a été suspendu et un autre radié des effectifs, après un conseil de discipline auquel il ne sait pas présenté. Il aurait été invité à s’expliquer sur des faits qu’il aurait commis durant l’année, concernant notamment l’utilisation d’un véhicule de service à des fins personnelles, la diffusion d’informations et d’images sur Facebook comprenant des victimes, leur identité, ainsi que leurs blessures.

Vers une issue ?

La Protection civile de l’Hérault a déposé plainte auprès du procureur et de la chambre régionale des comptes. Depuis le mois de mars, des recherches sont effectuées avec une expert comptable pour justifier les opérations financières, très certainement, « elle établira une non-validation des comptes et une nouvelle plainte pourrait être déposée à l’issue », souligne Philippe Durand.

« Aujourd’hui, nous demandons qu’une seule chose, que l’association fonctionne correctement et que l’ont soit mieux vu par les services publics » ajoute-t-il, en se félicitant par ailleurs du lien que l’association aurait retrouvé avec les sapeurs-pompiers du Sdis 34, puisque qu’elle a regagné l’été dernier le marché de la feria de Béziers.

Reste cette réalité : cette association traverse actuellement une situation difficile.

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