Jean-Marie Sevestre : « Il n’est pas question de la fermeture de Sauramps »

Suite à différents articles dans lesquels s’exprime un représentant syndical également membre du comité d’entreprise, Jean-Marie Sevestre, PDG de Sauramps, a tenu une conférence de presse ce matin pour clarifier la situation du groupe. « Il n’est pas question de la fermeture de Sauramps » a t’il précisé d’emblée.

« Certes la conjoncture dans le secteur est difficile et nous passons des moments compliqués pour nous adapter au marché mais le groupe Sauramps reste toujours un groupe indépendant face aux mastodontes de la grande distribution et aux poids lourds de l’internet. Après 46 ans dans ce groupe vous imaginez bien ma volonté farouche de pérenniser cette institution montpelliéraine. C’est aussi la volonté des trois actionnaires historiques » a souligné Jean-Marie Sevestre en introduction de sa déclaration.

Deux repreneurs dans la course

« Depuis plusieurs années notre décision était prise de transformer le groupe pour en assurer sa continuité sur le marché de la librairie indépendante. Ainsi après plusieurs propositions non abouties est venu le temps de trouver un repreneur capable d’assurer l’évolution de l’entreprise et de ce fait d’en assurer sa pérennité« . Jean-Marie Sevestre confirme ainsi les informations qui circulaient depuis un moment.

« Nous sommes sur le point d’aboutir à la reprise du groupe. Deux candidats sérieux, libraires indépendants, militants de l’indépendance aussi, sont au travail pour nous proposer dans les jours qui viennent des projets d’avenir pour le groupe. L’un des deux a déjà déposé son dossier » a indiqué Jean-Marie Sevestre. Les deux repreneurs en question qu’il n’a pas dévoilé pour des raisons de confidentialité seraient L’Armitière à Rouen et La Maison du Livre à Rodez. Une décision devrait intervenir d’ici la fin de l’année. Le PDG assure que celle-ci sera prise après une présentation faite à l’ensemble des salariés.

L’avenir des librairies

Si l’on ne peut prédire ce que sera l’avenir, Jean-Marie Sevestre a précisé : « Il a été question il y a plusieurs mois de lâcher Alès. La décision a été prise de garder le groupe intact car ce groupe est cohérent. La librairie d’Alès marche bien. Les deux entités principales à Montpellier, Odysseum et le Triangle, sont très complémentaires (…) Tenir le groupe tel qu’il est était pour nous important« .

fullsizerender253Il n’est donc pas question de fermer l’une des cinq librairies du groupe. Quant aux salariés, Jean-Marie Sevestre a indiqué que « C’est une question que nous nous sommes posés avec les futurs repreneurs. Si on regarde aujourd’hui le périmètre du groupe, à Alès il n’y a même pas à se poser la question. À Odysseum aussi car à l’ouverture nous étions à 50 personnes aujourd’hui nous sommes à 35-36. Je pense que là on ne peut pas descendre en dessous de ce chiffre. Pour le Triangle c’est pareil, il y a des départs qui n’ont pas été remplacés. Il y a sûrement des ajustements à faire dans des services mais cela ne veut pas dire qu’il y a une vague de départ qui est envisagée. Pas du tout« .

À titre individuel, Jean-Marie Sevestre a précisé qu’il accompagnera la reprise du groupe : « Je serai aux côtés du repreneur mais je ne m’engagerai pas pour 10 ans« .

Odysseum et Triangle en question

Le groupe Sauramps n’est pas propriétaire de ses surfaces commerciales. Jean-Marie Sevestre explique la problématique d’Odysseum : « Il y a une foncière qui a créé le centre commercial mais qui l’a revendu deux ans après. Aujourd’hui c’est Klépièrre. Dès la deuxième année nous avons négocié le loyer. On a obtenu des baisses de loyer avec des contreparties pour le futur. Les charges n’ont pas été du tout à la hauteur de ce qui nous avait été indiquées à la base. Mais les gens qui nous ont vendu ça ont disparu le jour où le centre a ouvert. Klépierre est là depuis 2012-2013 mais la personne chargée de la commercialisation du centre a démissionné il y a 3 jours. Donc tous les efforts que l’on fait depuis deux ans, toutes les discussions repartent à zéro. Les charges cette année sur Odysseum c’est plus 70 000 € par rapport à ce que l’on payait l’année précédente« . La solution qu’envisage le groupe Sauramps en accord avec Klépierre est de réduire la surface commerciale. « Une réduction d’un tiers nous permettrait de nous sortir de nos problématiques » esquisse Jean-Marie Sevestre.

Néanmoins, le PDG de Sauramps considère que cette implantation à Odysseum n’a pas été du tout une erreur : « La complémentarité avec le centre-ville, on la vit tous les jours« . Sur l’avenir du magasin, Jean-Marie Sevestre est catégorique : « Si par le passé on a évoqué la possibilité de se retirer, dans la tête des deux repreneurs il n’en n’est pas question. On ne récupèrerait pas ce chiffre d’affaires au centre-ville. Quand Virgin a fermé, personne n’a récupéré son chiffre d’affaires. Il a disparu de la ville« .

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Pour le Triangle, propriété de Marcel Salerno, la problématique est toute autre. « Dans les années 70, ce magasin était quelque chose de remarqué qui aujourd’hui a vieilli. Les gens sont habitués à des commerces à plat. Nous avons fermé notre 5e étage il y a deux mois car plus personne n’y montait« . D’où également des problèmes avec les normes d’accessibilité. Des travaux seront effectués dans les cinq ans à venir qui entraîneront des pertes de linéaire.

« Si nous avions eu l’intention d’aller aux halles Castellane c’est bien parce que cela résolvait tous nos problèmes du centre-ville. Cela n’a pas pu se faire« . Marcel Salerno tient en effet à garder Sauramps au Triangle car comme l’a repris Jean-Marie Sevestre « Nous étions une véritable pompe à aspiration du public« . Pour le PDG de Sauramps : « Marcel Salerno a tout fait pour que nous n’allions pas aux halles. Cela lui appartient mais cela résolvait tous nos problèmes. Nous avions fait une proposition elle a été contrecarrée par la sienne« .

Là aussi Jean-Marie Sevestre exclue toute éventualité d’un déménagement : « On a exploré, y compris avec la mairie actuelle, toutes les possibilités de se déplacer quelque part. Ce n’est pas possible à Montpellier. Il nous faut 2 000 m2. Il n’y a pas de surface« .

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