Palavas : le tueur a attendu le départ du fils du boxeur

Qui a assassiné Mohamed Dridi ? Et pourquoi ? Les policiers du SRPJ de Montpellier tentent de répondre à ces questions, depuis la découverte du cadavre de l’ancien champion du monde de boxe de 48 ans, ce lundi matin, à son domicile de Palavas-les-Flots.

C’est son fils âgé de 23 ans, le footballeur Sofiane Dridi qui a fait la macabre découverte vers 10h : son père gisait dans une mare de sang, tué d’une balle. Il était entièrement nu dans le logement du deuxième et dernier étage de la résidence La Californie, avenue Charles-de-Gaulle, sur la rive droite, à l’entrée de la station-balnéaire en arrivant de Montpellier.

Mohamed Dridi.
Mohamed Dridi.

Mohamed Dridi se trouvait encore au lit, quand le tueur s’est présenté. Le quadragénaire s’est levé pour aller lui ouvrir. La résidence est protégée par un digicode. Premier indice pour les enquêteurs : il ne s’est pas méfié et devait donc connaître le visiteur venu et reparti avec l’arme à feu, un pistolet ou un révolver, qui l’a abattu d’une seule balle, semble t-il, dans la pièce principale.

Autopsie

Une autopsie ordonnée par le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, sur les lieux avec le procureur adjoint Jacques-Philippe Redon confirmera l’existence d’un seul projectile mortel ou permettra de découvrir une autre balle.

Mohamed Dridi vivait dans cet appartement en compagnie de son fils. Ce dernier était absent et pour cause : il était parti faire son jogging, vers 8h45. Deuxième indice important : l’assassin était donc bien renseigné sur les habitudes du fils de la victime. Il devait donc surveiller les lieux pour attendre son départ pour courir, pendant environ une heure et sonner chez son père. Le crime s’est donc produit entre 9h et 9h45, ce lundi matin.

Passé agité

Mohamed Dridi avait récemment défrayé la chronique judiciaire. Le tribunal correctionnel de Dunkerque l’avait toutefois relaxé en février 2015. Celui-ci était soupçonné d’avoir profité de la crédulité d’une ancienne compagne, qui lui a versé quelque 67’500 euros en neuf mois de relation. Selon le quotidien La Voix du Nord, l’homme s’était fait connaître, en 2004, sur les plateaux de télévision en faisant la promotion de son livre autobiographique Momo le turbulent. Auparavant, il a été champion du monde en boxe anglaise et quatre fois en kickboxing. Il a également tournée dans plusieurs séries et téléfilms. Tout a débuté en 2010, lorsqu’une habitante de Bourbourg, près de Dunkerque, cherche l’amour sur un site de rencontre.

Elle lie connaissance avec Mohamed Dridi, qu’elle finit par rencontrer à Nice, où il réside. Celui-ci explique qu’il prévoit de déménager à Boulogne-sur-Mer pour se rapprocher de son fils, mais qu’il a des soucis financiers. Très vite, l’homme la rappelle pour lui demander de l’argent pour s’acheter une nouvelle voiture à la suite d’un accident. La Nordiste lui verse 10 500 euros, puis 231 euros pour « recharger » son téléphone.

Elle s’acquitte ensuite des frais de déménagement vers Boulogne-sur-Mer, du loyer et des meubles. Elle lui confie également sa carte bancaire. Mohamed Dridi décide alors de changer d’appartement.Pour payer tous ces frais, la femme emprunte des sommes importantes auprès une société de crédit. En échange, il lui remet un chèque en blanc, sans dire, bien sûr, qu’il est en interdit bancaire.

« Il m’a mise en confiance en disant qu’il était champion de boxe, acteur de téléfilm, s’est-elle justifiée devant le tribunal. Il m’a fait beaucoup de promesses qu’il n’a pas tenues. Il devait me présenter à la presse, on devait vivre ensemble et se marier. » Depuis, son ancien amoureux était introuvable…

« De la voyoucratie à la jet-set »

Mohamed Dridi avait publié « De la voyoucratie à la jet-set ». Voici comment il présentait son bouquin :

« Petites natures, remettez ce bouquin où vous l’avez trouvé ! Vous ne savez pas ce qui vous attend… Je vous emmène au pays de “Momo le turbulent”. Pas celui de Oui-Oui. Plutôt celui de “non-non”. Je vous emmène au pays des bandits ! Je pourrais commencer par le début : “Ma mère m’a vendu quand j’étais bébé.” Mais je ne veux pas la jouer Cosette ou Caliméro. J’ai été un môme en colère, je suis devenu un adulte furieux. J’ai tout de même figuré au “Top 10” du grand banditisme, notre hit-parade à nous, les voyous. J’ouvrais souvent la boîte à gifles et j’avais le coup de poing ravageur. La boxe m’a sauvé, d’ailleurs. Champion du monde de kick-boxing, mine de rien. Mon fils a fait le reste. Je ne voulais pas que la prison me sépare de lui. Maintenant je tourne des films et je flirte avec la jet-set. Bref, j’ai décroché. J’en avais marre de toujours regarder dans mon rétroviseur. » Momo.

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