Montpellier soutient les populations des villes en guerre

Suite à un voeu déposé par le groupe Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et Progressistes, le Conseil Municipal a adopté une motion de soutien aux populations civiles des villes en guerre. Non sans un temps de discussion assez surréaliste compte tenu du sujet.

Un voeu en soutien à Alep

À l’origine, le voeu était ainsi formulé en « soutien à Alep, ville martyre en voie de destruction totale« . Michaël Delafosse le présente au Conseil Municipal mettant en avant « la détresse de la population« . Pour argumenter la démarche, il présente les similitudes entre Alep et Montpellier : « son caractère cosmopolite, son centre ancien classé au patrimoine mondial de l’UNESCO« .

Bien sûr la Ville de Montpellier ne va pas s’engager politiquement dans le conflit syrien mais « Voter ce voeu c’est ne pas se résoudre à l’indifférence de la tragédie et c’est aussi se faire écho de la mobilisation citoyenne qui a lieu à Montpellier tous les vendredis à 18h… » comme l’a expliqué Michael Delafosse. En conclusion de son intervention, le président du groupe socialiste précise que le 15 décembre le président de la région d’Alep sera probablement à Montpellier. Michaël Delafosse a demandé à Philippe Saurel de le recevoir : « Ce serait un signe important de reconnaissance« .

Saurel reformule

Philippe Saurel reprend alors la parole : « J’ai lu le voeu et il y a deux ou trois choses qui m’ont choqué dans la rédaction de votre voeu » et propose ainsi de le réécrire ensemble en séance. Visiblement le fait qu’il ne concerne que la ville d’Alep lui déplait. De plus, il reproche que le texte commence par s’émouvoir du sort du patrimoine avant celui des populations. Le maire reproche ensuite la naïveté de la rédaction : « Vous mélangez Sarajevo, Guernica, Vukovar, Oradour-sur-Glane, Varsovie, Dresde. C’est l’histoire du monde racontée à Juliette« .

Philippe Saurel propose son texte : « Voeu de solidarité avec les populations civiles des villes en guerre Alep, Mossoul, Homs, Tombouctou, etc. Dans les villes en guerre, les familles s’enterrent dans les caves car sortir c’est mourir. Chaque jour les bombardements cherchent à tuer le plus grand nombre. Les immeubles s’écroulent, les personnes restent bloquées sous les décombres. Partout les snipers, les voitures piégées, les destructions des hôpitaux, des écoles… Les divers assaillants coupent les circuits d’alimentation en eau, en électricité, en fluides énergétiques et sanitaire ainsi que les approvisionnements. Les spectres de la maladie et de la malnutrition surgissent. Toutes ces villes parmi les plus anciennes de l’humanité, lieux de culture et de patrimoine, de rencontres et d’échanges historiques mais également lieux de pouvoir politique et économique se trouvent aujourd’hui au même moment où nous prononçons cette déclaration sous la coupe de groupes armées. Partout où les hommes souffrent nous nous devons de nous sentir concernés. Après l’appel du pape François qui le 28 septembre dernier a renouvelé son appel à s’engager de toutes ses forces dans la protection des civiles comme une opération impérative et d’urgence. Après la déclaration de Monseigneur Zenari, le nonce apostolique de Damas, pointant la responsabilité de la communauté internationale : « Ce qui se passe ne pèse pas seulement sur la conscience en grande partie de ceux qui ont la possibilité d’arrêter ce conflit où de faire respecter le droit humanitaire international mais je dirais c’est une honte qui pèse sur la conscience de tous ». Et après le cri de Médecins sans frontières dénonçant : « Le droit humanitaire international est délibérément bafoué. Nous ne pouvons plus faire notre travail alors que nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire ». La Ville de Montpellier tient à exprimer solennellement sa profonde solidarité avec les populations civiles durement frappées par ces différents conflits.« 

Des postures pour exister

Suite à cette proposition de texte, différents membres du conseil municipal interviennent. Nancy Canaud (Les Républicains) souhaite y voir ajouter un soutien aux chrétiens d’Orient ainsi qu’une banderole sur l’Hôtel de Ville avec la lettre nūn (ن(. Exigences rejetées par Philippe Saurel car le texte s’adresse à toutes les populations des villes en guerre « donc cela couvre l’ensemble des communautés religieuses« . Le maire lui propose alors de formuler un voeu dans ce sens. Réaction de Christian Dumont (Les Républicains) qui ne souhaite pas, si ce voeu est présenté, qu’il soit réécrit comme celui proposé par Michaël Delafosse : « On se croirait à l’école« .

Vint ensuite le tour de Djamel Boumaaz (sans étiquette) qui se lança dans un discours dont il est habitué en précisant qu’il « votera contre le voeu du groupe socialiste mais pas contre le peuple d’Alep« . Continuant dans une diatribe à l’encontre de Michaël Delafosse et du PS mêlant théorie conspirationniste et positions géopolitiques de caniveau pour critiquer le quinquennat de François Hollande.

Sabria Bouallaga (Groupe Libres et humanistes) prit un ton grave et  « salua l’initiative qui ne peut que toucher les Montpelliérains » mais s’interrogea au sujet de cette « solidarité soudaine » et du « timing au vue de la Présidentielle et à rassembler une majorité au delà de vos rangs, vous Monsieur Delafosse, candidat à la mairie pour 2020« .

Perla Danan (Les Républicains) offrit enfin une parole de sagesse : « Je suis triste et alarmée que l’on ne puisse pas s’en tenir à simplement soutenir le peuple Syrien dans le malheur qu’il vit et que cela donne l’occasion sur le dos du peuple syrien de faire des grandes déclarations géopolitiques de bazar, d’allumer la concurrence des malheurs voir la théorie complotiste. On veut faire un voeu de solidarité, il serait décent de s’y tenir« .

Cédric de Saint-Jouan (Groupe Libres et humanistes) enchaîna « J’ai l’impression que l’on s’achète une bonne conscience« . Lui aussi s’attaquant au gouvernement socialiste et également aux deux voeux formulés souhaitant « quelque chose de plus sobre« .

Clare Hart (PS-EELV-Progressistes) rejoignit les propos de Perla Danan quelques minutes plus tard : « Choquée car cette idée de voeu est quelque chose que l’on aurait pu, que l’on aurait dû porter tous ensemble quelque soit notre parti. On aurait pu être unis autour de quelque chose qui nous portait plus haut que tout cela. Mais non on est redescendu et je suis vraiment triste de voir ça. Cela méritait tellement mieux« .

Exaspéré par une remarque de Christian Dumont (Les Républicains) sur ses manières de maître d’école, Philippe Saurel décida de mettre aux voix le voeu. Après 30 minutes de discussions, le voeu fût adopter à l’unanimité. Sans doute une éternité pour un population bombardée…

3 Comments

  1. Génial, la population d’Alep doit être rassurée…
    Oui je sais, c’est du symbole, mais bon, arrêtons de faire TROP de symbole.
    Et aussi d’employer le mot solidarité à tout bout de champ. On serait solidaires si on envoyait des vivres, si on accueillait plus de réfugiés de guerre, etc…
    Là non, c’est de la commisération, ou au mieux un soutien moral, mais certainement pas de la solidarité.
    Le sort des civils syriens est abominable, mais franchement quel besoin a la Métropole de Montpellier de pondre des textes vides, inutiles, gnan gnan, et que personne ne lira ?
    Tiens moi je propose un grand texte synthétique et unanime qui prônerait l’amitié entre les peuples et l’arrêt immédiat de toutes les guerres.
    Non franchement, commençons par nous occuper du sort des occupants des nombreux bidons-villes d’ici, surtout à l’approche de l’hiver, avant de déverser ce flot de lieux communs pontifiants.

  2. Allé encore du blabla pour justifié encore une commission ou des amis d’amis seront rémunérés et en même temps il ne s’occupe pas des problèmes de Montpellier et la région

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