Montpellier : un laboratoire pour les fonds marins côtiers

Des chercheurs de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Université de Montpellier, CNRS, IRD) sont associé à la société Andromède 0céanologie, une PME basée à Carnon pour créer un nouveau laboratoire baptisé Air to Sea (R2C), dédié à l’étude des fonds marins côtiers.

Alors que les missions spatiales se multiplient à coup de milliards pour découvrir les planètes, les fonds marins ne sont toujours pas cartographiés. Ce paradoxe que rappellent les responsables du projet Air to Sea résume bien le défi que s’est lancé ce nouveau laboratoire commun. Il s’agit ni plus ni moins de cartographier plus rapidement et avec une meilleure définition les fonds marins côtiers et leurs écosystèmes entre 0 et 150 m de profondeur. Pourquoi réaliser ces cartographies ? « La pression des activités humaines est considérable sur les écosystèmes marins côtiers », souligne Julie Deter, enseignante à l’Université de Montpellier et chercheuse au sein de l’équipe Biodicée de l’Isem : « Les fonds marins restent pourtant très mal connus et leur inventaire comme la surveillance de leur état de santé exigent encore un accès direct en mer et en plongée ».

Ces cartes 2D et 3D et les inventaires d’espèces qui seront réalisés en photogrammétrie avec des engins automatisés seront un outil précieux d’aide à la décision. « L’Université de Montpellier permet de réunir des compétences exceptionnelles, dans l’écologie marine, la robotique et la télédétection, c’est ce qui fait la valeur de notre projet » explique Vincent Dufour, directeur du LabCom R2C.

Enfin, la société Andromède Océanologie entend bien profiter de cette innovation partagée pour développer son savoir-faire, déjà exceptionnel en matière de plongée sous-marine. « Ces outils innovants permettront d’optimiser notre temps d’intervention sous l’eau et de restituer à nos clients des suivis plus précis des milieux que nous sommes chargés d’étudier en leur fournissant des indicateurs d’aide à la décision» précise Florian Holon, d’Andromède Océanologie.

Préserver un écosystème menacé

Le LabCom travaillera d’abord sur les herbiers de posidonie et les récifs coralligènes de Méditerranée. Ensuite, le développement sera étendu à de plus grandes surfaces, avec des outils de reconnaissance robotisés comme les caméras à pilotage automatique. Parallèlement, le traitement numérique des grandes quantités de données acquises sera également développé en laboratoire. L’équipe de recherche Biodicée compte développer des indicateurs écologiques spécifiques aux fonds marins, afin de permettre de nouvelles approches scientifiques.

« Ces nouvelles approches sont indispensables pour que le suivi et la préservation de ces écosystèmes menacés soient correctement appréhendés par les décideurs », précise Julie Deter. Une fois mis au point, ces deux types d’outils seront intégrés ensemble et « industrialisés », puis testés dans d’autres écosystèmes côtiers, sur des habitats naturels ou artificiels, en France et à l’étranger. La production de cartographies haute définition des fonds marins côtiers sera automatisée et enrichie avec un ensemble de services et d’indicateurs uniques, offrant une aide à la décision pour les aménageurs et les décideurs.

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