Crues de Lamalou : maire et ex-maire en examen

Le maire (DVD) de Lamalou-les-Bains, Philippe Tailland et l’ancien maire de la commune des hauts-cantons de l’Hérault, Marcel Roques (UDF, puis NC) qui avaient été placés en garde à vue mardi matin dans les locaux de la compagnie de gendarmerie de Pézenas, par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier, dans le cadre de l’information judiciaire visant notamment le délit d’ « homicides involontaires », après les crues meurtrières de la mi-septembre 2014, ont été mis en examen de ce chef. Quatre responsables -dont le directeur général des services de la commune-, de la voirie et du camping ont également été mis en examen. Tous ont été libérés.

L’enquête des gendarmes aurait établi des manquements présumés au niveau de la mise en sécurité du camping municipal, notamment sur un système d’alerte défectueux et de l’entretien du lit et des berges du Bitoulet.

4 morts

Gonflée par les pluies torrentielles, la rivière le Bitoulet qui traverse la station thermale était sortie de son lit en pleine nuit et avait emporté le camping. Bilan : 4 morts. Depuis, le procureur de la République de Béziers avait ouvert une information judiciaire au cabinet d’un juge d’instruction qui avait délivré une commission rogatoire à la section de recherches de Montpellier. Depuis deux ans, les enquêteurs ont saisi de nombreux documents administratifs pour établir si toutes les conditions de prévention et de sécurité imposées par un plan contre les inondations avaient été respectées avant ce drame.

Outre le maire et l’ex-maire, des responsables des services techniques de la mairie de Lamalou-les-Bains se trouvent également en garde à vue.

La polémique avait enflé

La polémique avait enflé à l’époque, après la mort des quatre personnes emportées par la crue soudaine du Bitoulet, où un camping et des maisons avaient été submergés à la suite de violents orages traditionnels en cette saison. Un couple, ainsi qu’une femme et sa fille qui se trouvaient au camping municipal de la station thermale qui surplombe d’environ 3 mètres le cours d’eau étaient morts noyés.

Premier problème soulevé par certains curistes : ce camping était installé comme certaines résidences et un lotissement dans une zone inondable. Des habitants se souvenaient d’importantes inondations, vingt ans plus tôt.

«Les bords des rivières ne sont pas nettoyés»

Deuxième reproche de la part des habitants, l’absence d’entretien de cette rivière, alors que selon la préfecture de l’Hérault, le sinistre a été provoqué par la rupture soudaine d’un embâcle, un obstacle naturel de végétaux et débris divers dans le cours d’eau qui a lâché sous la pression des flots. Cette rupture d’embâcle aurait été confirmée par l’enquête des gendarmes de la section de recherches de Montpellier.

La nuit des faits, Météo France avait lancé une alerte orange, pas rouge. Depuis le drame, le camping est fermé. Une stèle sur place rappelle que quatre campeurs y sont morts.

Cité judiciaire de Béziers.
Cité judiciaire de Béziers.

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