Hôpital public : infirmiers et aides-soignants dans la rue

Ils étaient très nombreux à manifester mardi. Infirmiers, aides-soignants, agents administratifs ou encore d’autres personnels hospitaliers ont défilé à Montpellier et partout en France. Ils dénoncent « la dégradation de leurs conditions de travail et les pressions budgétaires ».

Ils étaient plusieurs milliers à défiler partout en France à l’appel d’un mouvement de grève, lancé par de nombreux syndicats. Selon le ministère des Affaires sociales, le taux de mobilisation de l’ensemble des personnels hospitaliers appelés à la grève a été de 9,6% sur la journée, y compris chez les personnels assignés, et de 14,6% chez les infirmiers. La dernière aussi grosse mobilisation, date de 1998.

Vers de nouvelles mobilisations ?

Mardi, l’intersyndicale a été reçue par la direction générale de l’offre de soins du ministère de la Santé à Paris, qui n’a proposé « qu’un groupe de travail sur la qualité de vie au travail », déplore un syndicaliste, joint par notre rédaction. D’après nos informations, ce mercredi, l’intersyndicale se réunira pour envisager une grève générale avec une « grosse » manifestation à Paris.

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Tous agacés

« Les conditions de travail des salariés se dégradent considérablement », « On est en compression budgétaire permanente depuis une dizaine d’années », « Il y a vraiment une exaspération prégnante à l’hôpital, partagée » indiquaient plusieurs manifestants à nos confrères de France Bleu.

Dans l’Hérault, notamment à Montpellier, d’autres agents pointent le manque de personnel, une activité en constante augmentation et la fermeture de plusieurs services, certains parlent même de « rentabilité ».

« On nous en demande toujours plus, mais avec de moins en moins de personnels. On entend parler de rentabilité plutôt que de qualité de soins. Les suicides qu’il y a eu dans la profession cet été reflète bien le mal-être qui s’installe. Mais le plus triste c’est que pour nous c’est des conditions de travail mais pour vous c’est les conditions dans lesquelles on vous soigne. Tout le monde devrait se sentir concerné ! » – nous a déclaré une infirmière de Montpellier.

Patients et personnels de santés concernés

Cet été, au moins cinq agents se sont suicidés. Ce qui a installé un malaise profond, d’après l’intersyndicale, qui affirme également que les drames « se multiplient » et que certains restent « sous silence ». À ce jour, l’intersyndicale réclame « l’arrêt des fermetures de lits et des suppressions de postes », l' »abandon » du plan d’économies de « 3,5 milliards d’euros » sur trois ans d’ici 2017, ou encore « l’abrogation de la loi santé » qui a instauré les groupements hospitaliers de territoire (GHT), faisant craindre des restructurations. « C’est de plus en plus difficile de se concentrer sur les patients », selon une aide-soignante.

Marisol Touraine riposte

La ministre des Affaires sociales et de la Santé a indiqué dimanche que « depuis 2012, l’hôpital c’est 10 milliards d’euros de plus« , et que « les infirmières, par exemple, ont eu des revalorisations qui vont de 250 à 500 euros par an« . Elle a aussi souligné qu’il y avait eu sur la même période « des postes en plus » avec « 31.000 soignants de plus à l’hôpital : 26.000 infirmiers, 3.000 médecins, 2.000 aides-soignants« . Pour autant, a-t-elle ajouté, « je sais que des efforts considérables sont portés et que les conditions de travail sont parfois difficiles« .

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