Montpellier : 250 policiers demandent à faire leur travail

Plus de 250 policiers nationaux se sont rassemblés à 13h, ce mercredi devant l’Opéra sur la place de la Comédie, à Montpellier. Certains en vacances sont venus en famille, les autres ont grappillé sur leur temps de repos. Un rassemblement inédit constitué par l’ensemble des services du commissariat et dont les syndicats étaient exclus. Sans colère et toujours motivés, les policiers ne demandent qu’une chose : faire leur travail.

« Ce qui est vraiment à l’honneur de ce mouvement, c’est que les collègues ne demandent ni salaire supplémentaire, ni prime. Ils veulent juste pouvoir faire leur boulot et défendre la population comme on devrait le faire » témoigne anonymement l’un des policiers. « Cela fait des années que l’on fait remonter ça. À mon avis, si cela se fait comme ça, dans un élan aussi exceptionnel, c’est que l’on ne peut plus continuer comme ça « .

Les dispositions annoncées par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve ne l’ont pas convaincu  : « Les mesures avaient déjà été prises il y a plusieurs mois à l’issue des attentats terroristes et ne sont pas du tout en adéquation avec ce qui avait été sollicité  » . Le policier poursuit en prenant comme exemple l’événement qui a tout déclenché récemment : « Les deux équipages qui ont été victimes de jets de cocktails Molotov étaient des équipages à deux. Aujourd’hui, on forme les policiers pour être trois. Si on avait eu un troisième fonctionnaire à l’arrière du véhicule qui prend en compte l’environnement, peut-être aurait-il vu le gars avec le cocktail Molotov et aurait prévenu ses collègues ou agi en fonction  » .

Exaspération

Ce policier témoigne également d’une exaspération concernant certaines procédures : « On a aujourd’hui des collègues qui prennent des risques pour interpeller des gens dans des situations compliquées, au niveau administratif et même au niveau de leur intégrité physique. Ils les ramènent à l’hôtel de police et dans la demi heure qui suit, ils sont relâchés avant même que les fonctionnaires aient fini leur procédure. On peut concevoir aujourd’hui que les collègues en ont vraiment ras le bol  » .

« Il faut aussi faire un gros travail vis à vis de nos copains magistrats, et j’insiste sur le terme copains magistrats car on doit travailler ensemble  » . S’il y a un malaise c’est que selon lui, les magistrats « devraient avoir un peu plus de respect vis à vis de notre travail  » . Ce policier ne pense cependant pas qu’il existe une opposition entre les deux corporations : « On a simplement l’impression que dans le traitement judiciaire des affaires qu’il n’y a pas de considération vis à vis du travail des policiers. Alors que l’on a un code pénal qui est très bien fait et des lois rédigées par des législateurs en connaissance de cause mais qui ne sont pas appliquées  » .

Face à ce constat, il n’est malgré tout pas question de parler de démotivation : « Je me répète les policiers sont toujours là pour prendre des risques pour la population. Il n’y aucun problème là dessus, on est rentrés dans cette administration pour cela. Mais aujourd’hui on a de plus en plus de mal à faire notre job et on veut pouvoir continuer à le faire dans des conditions normales. Je ne dis même pas dans de bonnes conditions, dans des conditions normales  » .

2 Comments

  1. Est-ce que faire son travail ne consisterait pas à aller bosser plutôt qu’à se rassembler en exigeant de faire changer la loi? Pendant qu’ils paradent, ils ne sont pas sur le terrain.

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