Colère des policiers : soutien de la rue et des élus

Quelque 500 habitants de Béziers, de Villeneuve-lès-Béziers et de Boujan-sur-Libron, trois communes de l’Hérault situées dans la zone de la police nationale sont venus soutenir les policiers du commissariat lundi soir. Ces femmes et ces hommes, de jeunes adultes aux retraités se sont spontanément joints à la quarantaine de gardiens de la paix de la Sécurité publique qui manifestent pacifiquement leur colère depuis près de trois semaines dans l’Hérault -à Montpellier, Agde et Sète également-, après les événements de la région parisienne, où deux collègues ont été grièvement brûlés par le jet d’un cocktail Molotov dans la voiture de patrouille, à bord de laquelle ils se trouvaient. Les auteurs sont toujours en fuite.

Les policiers qui agissent en dehors de l’appui des syndicats de police dénoncent l’insécurité galopante dans des cités, y compris en zone de sécurité prioritaire (ZSP), avec des agressions physiques graves et le laxisme des juges, accusés de remettre en liberté des délinquants violents en récidive. Trois heures après ce rassemblement, des équipages de la police nationale de Béziers qui intervenaient sur des feux de containers volontairement allumés dans des rues de la cité de la Devèze, en ZSP, ont été caillassés, ainsi que des véhicules des sapeurs-pompiers. Il n’y a eu aucun blessé.

Pierre Bouldoire : « Soutien total »

Des élus héraultais se rangent du côté des policiers depuis qu’ils montrent publiquement leur désapprobation. Une colère qui n’a pas été stoppée par l’annonce du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve de doter les policiers de 250 millions d’euros d’équipements et de muscler la loi concernant la légitime défense.

Pierre Bouldoire, le maire (PS) de Frontignan et premier vice-président du Département de l’Hérault souhaite « marquer son soutien total au cri d’alerte lancé par les syndicats de police nationale quant au sous-effectif constant de la circonscription de police Sète-Frontignan et aux conditions de travail intolérables que cette situation provoque, en premier lieu pour les policiers nationaux et par contrecoup pour les policiers municipaux qui accumulent de fait également heures supplémentaires, fatigue générale et donc stress supplémentaire. Mais les premières victimes sont les habitants, notamment ceux du centre-ville de Frontignan, qui n’ont plus le service public attendu. Lorsque la Ville de Frontignan embauche des policiers municipaux en nombre, qu’elle place une employée communale à l’accueil du poste de police nationale de Frontignan et qu’elle finance les travaux de rénovation de ce même poste, elle pense que cela va permettre un accroissement des moyens. Or, il n’en est rien et la situation se dégrade ! Ce n’est plus tenable ».

Rassemblement ce mercredi

Les policiers d’ici vont maintenir la pression en organisant un nouveau rassemblement dans la rue, ce mercredi à 13h, devant l’Opéra, sur la place de la Comédie, à Montpellier. Les policiers qui organisent cette action depuis environ trois semaines lancent un appel à leurs collègues pour qu’ils viennent en civil, en dehors de leur service, « pour être encore plus nombreux à chanter La Marseillaise ».

À chaque regroupement, à l’heure du déjeuner sur cette artère de Montpellier, les policiers, en uniforme et/ou en civil sont applaudis par les clients attablés aux terrasses des bars et des restaurants.

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