« Omar m’a tuer » : le jardinier est bien innocent

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Le jardinier n'est pas le coupable. Photo D.R.

Omar Raddad est innocent, c’est désormais une certitude absolue. Une correspondance a été établie entre un ADN retrouvé sur la scène du crime de Ghislaine Marchal et le Fichier national des empreintes génétiques.

Quatre empreintes génétiques différentes de celle d’Omar Raddad, le jardinier marocain accusé d’avoir assassiné en 1991 la veuve Marchal dans sa propriété proche de Grasse, dans les Alpes-Maritimes avaient été isolées sur les pièces à conviction conservées dans le cadre de l’enquête. Il s’agit des fameuses portes sur lesquelles la riche veuve de Mougins aurait tracé « Omar m’a tuer » en lettres de sang, juste avant de mourir.

Tout accusait Omar le jardinier. Photo D.R.
Tout accusait Omar le jardinier. Photo D.R.
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Les nouveaux enquêteurs sont parvenus à mettre un nom sur l’un de ces quatre ADN. Une correspondance a été établie avec un individu figurant sur le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) qui regroupent les traces des personnes condamnées ou mises en cause dans des affaires de justice au fil du temps. Mais, ce profil qui correspond à l’ADN isolé sur les lieux du crime doit encore être établie « scientifiquement Les fameux scellés ont été renvoyés à l’Institut génétique Nantes Atlantique pour que la correspondance « soit établie scientifiquement à 100 % ».

Grâce partielle

« Cette affaire remonte à plus de vingt ans, indiquait le 10 octobre dernier au journal 20 Minutes, Jean-Michel Prêtre, le procureur de Nice (Alpes-Maritimes) chargé de l’enquête. Les pièces à conviction ont été manipulées par de nombreuses personnes. Elles ont même été exposées durant le procès devant les assises… ».

Pour l’heure, l’identité de la personne en question identifiée dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques est gardé secret. S’agit-il d’un proche de la veuve Marchal ?..Omar Raddad, condamné visiblement à tort avec ce énième rebondissement a été libéré et a bénéficié d’une grâce partielle accordée par Jacques Chirac, alors président de la République, le 10mai 1996. Depuis, le jardinier se bat pour être réhabilité.

Le 24 juin 1991 au soir

Le 24 juin 1991 au soir, les gendarmes sont alertés par des voisins : Ghislaine Marchal ne donne plus de nouvelles depuis la veille alors qu’elle devait déjeuner le 23 juin chez son amie Colette Koster. Les gendarmes se rendent chez madame Marchal, villa « La Chamade » à Mougins. Née Ghislaine de Renty, elle est la riche veuve d’un équipementier automobile et belle-sœur du bâtonnier Bernard de Bigault du Granrut (qui était notamment l’avocat du ministère de la Justice, du ministère de l’Intérieur et du ministère des Affaires étrangères). Vers 19 heures, les gendarmes découvrent son corps inanimé, portant des traces de coups, au fond de la cave de sa villa. « OMAR M’A TUER » est inscrit avec son sang sur une porte blanche menant à la cave à vin . La phrase est inscrite de nouveau partiellement un peu plus loin sur une autre porte, celle menant à la chaufferie : « OMAR M’A T ».

Incontestablement, ces traces sanglantes accusent Omar, le jardinier. Le 27 juillet, l’heure et la date du crime sont fixées par trois médecins légistes entre six et huit heures le lundi 24 juin 1991. La défense s’appuiera sur cet élément du rapport pour invoquer une pression du juge qui aurait fait avancer le moment du crime au 23 juin, car le 24, Omar Raddad avait un alibi : il a pris le train au petit matin pour se rendre à Toulon chez sa belle-sœur pour fêter l’Aïd-el-Kébir en famille. Selon l’accusation et la partie civile, il ne se serait agi que d’une erreur de frappe d’une des secrétaires et ce serait cette erreur notamment qui aurait permis d’alimenter la thèse d’un « complot ».

Autopsie controversée

Les résultats de l’autopsie controversée (critiques sur le relevé décadactylaire et la datation de la mort) révèlent un corps percé d’une dizaine de coups d’une arme tranchante, une gorge profondément entaillée, une éventration, un crâne fracassé par au moins quatre coups ayant provoqué un œdème cérébral, un poignet cassé, un doigt fracturé et une phalange presque sectionnée à la main gauche suggérant qu’elle a cherché à se protéger en portant ses mains au visage et précisent également l’heure du crime : entre 11 h 00 et 13 h 30. Les médecins indiqueront aussi que la victime avait les yeux clairs (ce qui est confirmé par les photographies figurant au dossier). Normalement, ce point est important pour situer l’heure de la mort, en effet, lorsqu’une personne décède, ses yeux deviennent opaques au bout de cinq à six heures, huit heures maximum (sauf chez les noyés), il s’agit d’un phénomène physique naturel bien connu, affectant la transparence de la cornée et baptisé par les scientifiques : « le voile glaireux de Winslow ».

Mme Marchal a été tuée dans une annexe accolée à l’habitation principale. L’accès à la cave/chaufferie se fait par un palier desservant d’une part un local, où sont entreposés les outils de jardinage et du bois et d’autre part un escalier descendant à la cave.

Il n’est pas exclu que la veuve Marchal ait été tuée par une personne qu’elle connaissait et dont elle ne pouvait pas se méfier. On sait désormais que ce n’est pas son jardinier.

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

6 Commentaires

  1. L’ADN ne prouve pas l’innocence de Raddad. Il ‘s’agit d’un ADN de début 1990 fait avec peu de marqueur. Autrement dit, l’empreinte peut correspondre à plusieurs profils. Et si on prenait l’ADN de l’ensemble de la population française aujourd’hui, on aurait des milliers de correspondances, y compris chez les nouveaux nés. Maintenant, il faut recouper avec l’alibi de l’individu. Je doute qu’on puisse obtenir une certitude 25 ans après les faits. Il s’agit probablement d’un faux positif et la défense exploite ce coup de bol pour ce faire un coup de pub (comme dab).

  2. Et comment expliquez-vous l’absence de l’ADN d’Omar?
    Et je ne vous parlerez pas de son acharnement a prouver son innocence 26 ans après les faits…
    Normalement un vrai coupable devrait s’estimer heureux d’être libre et jouirai de sa liberté alors que lui remue l »affaire sans repos.

  3. Pourquoi l’ADN de Raddad serait sur l’inscription puisque ce n’est pas lui qui l’a écrit? Et même si on l’avait retrouvé, ce ne serait pas une preuve. Pourquoi la défense ne fait pas analyser le sang sur les vêtements et surtout sur le blouson de Raddad? Que fait ce sang sur son blouson d’ailleurs? Il faut rappeler que la défense n’a jamais réussi à reproduire le système de fermeture de Mme Marchal de l’extérieur. Ils ont essayé mais ils ont échoué. Compte tenu des éléments de l’enquête, la thèse de la machination est complètement farfelue. Il ne reste qu’à penser que Mme Marchal a désigné Raddad parce qu’elle ne l’aimait pas, plutôt que de donner le nom du vrai agresseur… Quant au fait que Raddad clame son innocence alors qu’il est coupable, c’est aussi le truc qui me faisait penser qu’il était innocent. Mais c’est quand je me suis intéressé à tous les détails de l’enquête (que l’on ne trouve pas dans les médias, ni dans les paroles de la défense) que j’ai compris que c’était possible. Aujourd’hui, il s’agit d’une affaire médiatique juteuse. La défense agit comme les lobbys du tabac ou de l’agroalimentaire. Ils sèment le doute pour gagner du temps et se faire de la pub jusqu’à la retraite… C’est la triste réalité.

  4. La culpabilité de Raddad ne fait aucun doute. Ceux qui pensent le contraire devraient étudier les faits et ne plus voir cette affaire à travers le double prisme des dénégations de Raddad (n’importe quel policier, gendarme ou magistrat sait que des individus sont capables de nier à tout jamais, parfois de façon très convaincante, pour ne pas assumer leurs actes) et du racisme (thème hors-sujet mais très bien amené par Vergès pour dévier du sujet et capter du crédit auprès de la presse et du public). Les défenseurs de Raddad doivent se forcer à accomplir le travail intellectuel consistant à analyser les faits, rien que les faits, en profondeur (des articles de presse et une émission de télé ne suffisent évidemment pas, je parle du dossier lui-même), en laissant de côté les dénégations du mis en cause (instrumentalisé par des avocats) et les soupçons de racisme. Une fois ce travail (exigeant) réalisé, ils verront la vérité de façon beaucoup plus claire et ne douteront plus de la culpabilité de cet homme.

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