Cinéma : que devez-vous attendre du nouveau Cédric Klapisch

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FILM. Métropolitain a vu en avant-première Ce qui nous lie, le dernier long-métrage de Cédric Klapisch. Un film sincère et subtil dans la veine humaniste si chère au réalisateur.

Le synopsis / La trentaine bien entamée, Jean (Pio Marmaï), a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. Apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance et se retrouve avec sa sœur Juliette (Ana Girardot) et son frère Jérémie (François Civil) face à un choix: vendanger ces « raisins de la tristesse » ou vendre tout simplement le domaine et ses souvenirs. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’égrènent, ces trois-là vont réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que leur vin.

PAVÉ 250

Une ode à la fraternité. C’est au fond, une histoire tout à fait ordinaire. Trois frères et sœurs se retrouvent confrontés au deuil de leur père. Mais le réalisateur de génie Cédric Klapisch, entouré de son ami d’enfance Santiago Amigorena (Chacun cherche son chat, ndlr.), choisit pourtant d’en faire une ode à la fraternité. Comment ces trois adultes, rassemblés dans de tragiques circonstances, vont-ils parvenir à surmonter ce qui les sépare pour finalement découvrir ce qui les lie: la terre où ils ont grandi et l’héritage d’un père disparu sans jamais leur dire qu’il les aimait ?

Tourné l’année dernière par séquences de 3 semaines à chaque saison – « pour saisir leurs couleurs si caractéristiques, imprégnées sur la vigne », explique Cédric Klapisch – Ce qui nous lie a la saveur doux-amer de ces films qu’on aime regarder les jours de pluie. On s’émeut, on s’interroge, on sourit, on rit parfois et on attend la fin heureuse de cette histoire. Celle qui saura nous réconcilier avec le scénario trop triste du douzième long-métrage du réalisateur français.

Heureusement, malgré des moments peut-être un peu longuets, les raisons de sourire éclosent une à une. À commencer par l’interprétation magistrale de ce trio d’acteurs, au sein duquel émerge une sublime Ana Girardot, qui sait faire apparaitre la complicité immédiate et sincère d’avec ses confrères Pio Marmaï et François Civil, à l’interprétation non moins intense. Des seconds rôles aussi, pléthore, savoureux et bienveillants, présents et toujours discrets, comme pour accompagner sans jamais déranger cette histoire de famille fragile et forte à la fois, que les nombreuses métaphores viticoles viendront sublimer. Klapisch y fait écho à l’héritage familial, à ces racines bien ancrées dans le sol, qu’on peine à arracher même si parfois la nécessité d’aller de l’avant l’impose, bon gré, mal gré.

Équilibré, harmonieux,  « conçu pour les 20 ans à venir », pour reprendre une réplique du film, Ce qui nous lie séduira un public large d’initiés comme de profanes, mais parlera surtout aux adultes qui ont du un jour replonger dans leur enfance pour devenir les adultes qu’ils sont à présent. Volontairement lent et respectueux de l’alternance des saisons, le film prend même par instant les traits d’un documentaire naturaliste. C’est filmé au ras du cépage, au cœur des paysages. L’horizon est sublimé, le ciel et ses caprices en toile de fond d’un amour familial à l’épreuve.

Au final, on appréciera un film dense, sincère et simple aux notes subtiles qui, s’il ne constituera peut-être pas un « Millésime Klapisch », demeurera absolument une bonne cuvée cinématographique.


>> En salles le 14 juin


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Directeur des rédactions du groupe, Xavier est à 30 ans, la « force tranquille » de Média Métropolitain. Passionné d’architecture et de culture, il se spécialise néanmoins depuis déjà 5 ans dans l’économie et la politique régionales, tâchant d’imprégner ses papiers d’un humour conforme…à ses origines belges !

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