Législatives : lâchée par Saurel et le PS, Le Dain ira en « combattante »

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ÉLECTIONS. Après avoir été lâchée par son suppléant Philippe Saurel, c’est au tour du PS de retirer son investiture à Anne-Yvonne Le Dain. La député socialiste sortante de la 2e circonscription de l’Hérault n’entend pas se retirer. Bien au contraire, elle se représente sans étiquette, telle « une combattante ».

Anne-Yvonne Le Dain partira donc seule au combat des Législatives. Investie au départ par le PS, elle avait demandé l’investiture d’En Marche la veille de la clôture des candidatures, quand elle a compris qu’elle était « lâchée en rase campagne ». Aujourd’hui, elle se présente sans étiquette et définie sa candidature comme  « non dissidente mais légitime ».

Pavé

Pour l’heure, Anne-Yvonne Le Dain travaille à trouver un suppléant et a « bien l’intention de franchir une barre raisonnable ». Sans donner plus de précision, elle explique un peu évasive : « L’objectif c’est de gagner quand même. Après, c’est autre chose ».

La trahison de Philippe Saurel

Jusqu’à il y a encore quelques jours Philippe Saurel était encore le suppléant d’Anne-Yvonne Le Dain : « Nous avions annoncé l’année dernière que nous repartions ensemble. Depuis on n’avait pas changé de stratégie. J’avais un accord moral et politique, y compris en désaccord avec des camarades de la Fédération socialiste. J’ai toujours considéré que Philippe, qui avait été un socialiste avait mené un combat à la loyale avec Jean Pierre Moure et qu’il avait gagné le combat ». Malgré cet accord moral, et même celui de Solférino, Philippe Saurel a décidé de rebattre les cartes après l’élection présidentielle. Anne-Yvonne Le Dain ironise : « Je n’ai plus de conjoint. J’avais mis ma robe de mariée. Et, non seulement il n’a pas mis son costume, mais il n’est pas venu »…

C’est la méthode qui semble le plus choquer Anne-Yvonne Le Dain : « C’est un homme que je n’aurai pas connu si je n’avais pas été au PS. Là, je trouve que c’est une trahison en rase campagne, publique, sans un mot, sans un texto, sans un appel pour qu’on se voit et que l’on trouve une solution. Rien. Et des piques un peu violentes à mon égard ». Selon elle : « L’attitude de Philippe Saurel n’est pas correcte à mon égard. Il se débine tout ça parce que je n’aurai pas dit les mots qu’il fallait au moment où il fallait ? C’est parce que Les Insoumis ont fait 34 % à Montpellier et que En Marche n’en a pas fait tant que ça ».

« Il avait mis le véto Coralie Dubost »

La députée se fait critique sur les relations entre Philippe Saurel et le mouvement En Marche : « Je note qu’il n’était pas à l’Élysée au moment de l’investiture du nouveau président de la République. Certes, il dit partout ne pas être En Marche, mais il apparaît comme un des premiers maires à l’avoir soutenu. Gérard Collomb y était ». Anne-Yvonne Le Dain donne une explication toute politique à la décision de Philippe Saurel de se retirer : « Il avait mis un véto à la référente En Marche -Coralie Dubost, NDLR- qui n’avait demandé que la 2e circonscription. Le véto ne lui a pas été accordé. À la conférence de presse Richard Ferrand a cité deux candidats : un homme en Côte d’Armor et une femme d’ici. Vous n’imaginez quand même pas que le choix n’a pas été fait de citer cette femme là de manière délibérée. Ils ne l’ont pas pris au hasard, c’est un message envoyé à Philippe Saurel : « Tu n’as pas ce que tu veux et tu commences à nous agacer ». J’en fais les frais. Stéphanie Jannin devait aller sur la 3, finalement elle vient sur la 2 ».

Destituée par le Parti Socialiste

Anne-Yvonne Le Dain raconte la procédure portée à son encontre par le PS : « J’ai appris lundi en fin de journée que le PS m’avait désinvesti dans le cadre d’une commission réunie, on ne sait trop comment, dont j’avais été avertie par des bruits de couloir lundi matin, et qui a donc décidé de me destituer et de provoquer un nouveau vote qui aura lieu ce soir avec des candidatures qui devaient être déposées hier soir avant 23h ». Elle ne comprend pas et se défend répétant sa fidélité au parti : « Cette décision n’a pas de fondement. Je n’ai jamais trahi ma famille politique ou dit quoi que ce soit contre elle. J’ai juste dit que notre candidat officiel, issu des primaires, n’avait pas tendu la main à l’autre partie de sa famille politique et que l’on ne gagnait pas une présidentielle sans rassembler sa famille politique ». Anne-Yvonne Le Dain avait donné son parrainage, symboliquement comme un remerciement, à François Hollande et appelé à voter pour Emmanuel Macron.

« Je ne suis pas une victime »

La députée sortante est loin de s’apitoyer sur son sort : « Je suis un peu étonnée d’avoir été comme une victime expiatoire. Mais je n’en suis pas une. Le mot victime ne concerne que les victimes pour de vrais c’est à dire les victimes des attentats, des accidents de la route ou de violences de toutes natures. On n’est jamais victime en politique. Je suis une combattante ».

Le combat, elle va peut être le mener contre son parti : « Je réfléchis à l’idée de contester cette décision car je constate que des candidats officiels d’En Marche comme Malek Boutih ont été réintroduis dans l’investiture du Parti Socialiste. Et moi on me désinvestit. Donc il y a deux poids deux mesures et je ne voudrais pas non plus qu’une fois de plus le différentiel Paris / Province se manifeste ». Anne-Yvonne Le Dain ne se reconnait ainsi pas dans le comportement du PS : « Le Parti n’est pas dans un très bon état. Ce n’est pas le moment d’écarter des gens et de couper des têtes. Cette différence de traitement en fonction de la notoriété des gens ce sont des comportements de gougnafiers. Ce ne sont pas des comportements de militants et moi je suis une militante ».

Son bilan en défense

Pour appuyer sa légitimité à se représenter Anne-Yvonne Le Dain présente son bilan synthétiser par le site nosdéputés.fr : « J’ai beaucoup travaillé, J’ai déposé beaucoup d’amendements sur des sujets qui me tiennent à coeur comme les femmes, la fin de vie, la prostitution, la biodiversité, les nouvelles technologies, l’informatique, l’énergie ». Elle rappelle également son travail en commission pour arrêter d’interdire la publicité sur le vin, ses combats pour la légalisation du cannabis ou contre la GPA.

La députée sortante rappelle s’être fait l’avocate de Montpellier : « Je défends ma ville à Paris. Je l’ai défendu comme Métropole. J’ai mené le combat. Le gouvernement était d’accord, la ville avait été déclassée par les sénateurs. Et à l’Assemblée Nationale c’est moi qui ai déposé l’amendement pour remettre Montpellier dans la liste des métropoles. Ensuite en Commission Mixte Paritaire la droite et la gauche ont de nouveau déclassé Montpellier pour aboutir à un vote citoyen ».

Anne-Yvonne Le Dain repart donc au combat déterminée avec la liberté de parole dont elle est coutumière et qu’elle assume localement ou nationalement : « Je pense que vu de Paris nous sommes un peu une étrangeté. Dans cette étrangeté je m’assume assez bien comme étant également une étrangeté politique. Je ne me laisserai pas abattre ni par le maire de Montpellier, ni par mes camarades, que j’aime bien, du Parti Socialiste qui se sont faits emportés dans une candidature moribonde ».

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Journaliste depuis plus de 10 ans et amoureux de Montpellier, Cédric se décrit comme un observateur discret de la vie locale. Aux scoops, il préfère consacrer sa plume à mettre en lumière individus et initiatives. Ses centres d’intérêt ? « Aussi variés que les facettes de la ville ».

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