« Plus rien à faire, plus rien à foutre » : la vraie crise de la démocratie

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Directeur général délégué d'Ipsos - BRICE TEINTURIER © Sipa - DR

POLITIQUE. À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, c’est tout le jeu politique que nous connaissons qui est remis en cause, face à une désaffection massive d’une population vis-à-vis de ses élites.

Cela fait des années que l’on pressentait ce tremblement de terre qui secoue aujourd’hui l’échiquier politique. Un échiquier où les rois tombent, les pions se rêvent rois et les fous font encore croire à des rêves. Loin de la pratique du kaizen, la France a du mal à évoluer, attendant de se fracasser le nez contre un mur avant de devoir par la contrainte se remettre en question.

Pavé

Les partis politiques n’échappent pas à la règle. Dans une époque où tout change, si chacun s’est adapté à d’autres modes de communication, tels que les réseaux sociaux, discours et pratiques n’ont guère évolué. Démasqués dans leurs combines, leurs petits arrangements et leurs mensonges, ils laissent place au mécontentement, à la colère lorsque ce n’est pas au dépit et au désintérêt. Une situation qui fait la part belle au populisme et à l’extrémisme à défaut de voir l’émergence d’un renouveau au sein d’un système politique à bout de souffle.

Votes extrémistes

De la désillusion aux alternances, les élections de 2007 se présentaient comme un nouvel espoir avec une classe politique rajeunie et une femme postulant au poste suprême. De là découleront deux quinquennats sans alternance. Un de droite qui finit par un rejet total de Nicolas Sarkozy et un de gauche dont François Hollande, son successeur, y subit le même sort y compris de son propre parti. Deux présidents que l’auteur décrit comme les coaccoucheurs de la PRAF-attitude (Plus rien à faire, plus rien à foutre).

Cette masse de Français qui ne veulent plus se déplacer aux urnes s’ajoute à une vague de gens en colère qui se rabattent sur les votes extrémistes. Si seul Emmanuel Macron apporte un vent de fraîcheur parmi tous les apparatchiks que sont les autres candidats, il n’arrive cependant qu’à entraîner dans son sillage les plus motivés.

Renouveau ?

Cette PRAF attitude touche 29 % de notre population se répartissant en 20 % de gens ressentant un dégoût pour le système politique, tandis que 9 % n’éprouvent plus que de l’indifférence.

Un chiffre qui pourrait se voir amplifier grandement si cette nouvelle élection n’était pas porteuse d’un renouveau tant attendu. Une véritable crise de la démocratie que l’auteur, directeur général délégué d’Ipsos, analyse pour nous dans un essai qui vient de se voir attribuer le prix du livre politique de 2017.

Plus rien à faire, plus rien à foutre – la vraie crise de la démocratie
ouvrage de BRICE TEINTURIER paru aux éditions Robert Laffont
Prix : 18€

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1001 vies et expériences professionnelles ont amené Nadira vers le journalisme, qu’elle exerce depuis plusieurs années au sein de 7officiel by Métropolitain en tant que Rédactrice en chef. Amateur d’art, de culture et d’histoires, son Bureau croule sous les ouvrages littéraires, qu’elle dévore littéralement.

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