Montpellier : des citoyens parrainent des migrants

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SOLIDARITÉ. À Montpellier, un peu plus de 200 personnes ont répondu dimanche à l’appel de plusieurs associations et collectifs pour participer à une marche pour la dignité et la justice. La manifestation dénonçait les violences policières, le racisme et les dérives de l’état d’urgence. C’était également l’occasion d’alerter sur le sort des migrants et de mettre en avant l’opération de parrainage menée par le collectif Migrant-e-s Bienvenue 34.

Au pied du temple de l’eau du jardin du Peyrou, les regards de trois portraits grand format réalisés par Al Sticking fixent les passants. Connu pour ses collages, l’artiste montpelliérain n’a pas hésité à apporter son soutien en peignant le visage de trois soudanais hébergés au CAO de Montpellier. Comme pour montrer l’humain qui se cache derrière les mots migrant, réfugié, exilé, immigré…

Pavé

Le collectif Migrant-e-s Bienvenue 34 a mis en place il y a quelques semaines un dispositif de parrainage afin de montrer que des citoyens sont prêts à accompagner des demandeurs d’asile. Thierry du collectif explique : « Il y a eu un engagement au niveau européen de se répartir 160’000 demandeurs d’asile. La France avait dit qu’elle pouvait en accueillir 30’000. Actuellement nous n’en avons même pas pris 5’000″ .

Près de 90 citoyens « pas forcément des militants » à Montpellier ont accepté d’être parrains : « Ils sont regroupés à 3 ou 4, ou une famille entière, et parrainent une seule personne. Cela permet de faire des sorties, de leur expliquer leur situation, les aider pour l’administratif » détaille Thierry. Pierre-Louis un autre militant précise « On est plus dans le rapport humain. Le travail administratif, il est fait correctement par les CAO. Notre intention avec le parrainage est de créer pour ces personnes, qui n’ont eu avec l’occident que des rapports  administratif ou parfois policier, des conditions humaines de rapport de plein pied » . Pour devenir parrain contacter le collectif Migrant-e-s Bienvenue 34 : commission.parrainage@gmail.com.

Apporter de la chaleur humaine

Par le parrainage c’est une manière de leur faire découvrir la ville, la culture française et tout simplement de les intégrer à un pays qui leur est étranger. Mais c’est aussi un échange comme en témoigne Cécile : « Trois d’entre eux nous ont proposé de nous faire un repas syrien. Ils se sont occupés de tout » . Touchée par ces rencontres, elle explique : « Quand on discute avec eux, que l’on échange, on ne voit plus les choses de la même façon« .

Olivier, un simple citoyen devenu parrain, explique pourquoi il a accepté d’apporter son aide « dans mes très faibles moyens » s’excuse t’il presque : « Ce que j’ai bien aimé dans la démarche du collectif c’est de devoir juste leur apporter de la chaleur humaine. Juste avoir des échanges avec des gens, qu’ils fassent connaissance avec des personnes du pays qu’ils traversent » .

Venu en famille au Peyrou, il n’a pas hésité à offrir de son temps et un peu d’hospitalité car « cela m’a semblé être un mouvement naturel de leur part que de fuir leur pays en guerre. Aux contacts que j’ai eu, notamment avec des familles syriennes, on sent qu’ils viennent se réfugier, d’où leur nom. Cela ne veut pas dire qu’ils veulent forcément refaire leur vie ici. Je regrette que l’on fasse parfois peur aux gens avec ça. Il y a aussi un côté temporaire pour certains de ces réfugiés qu’il ne faut pas occulter. Pour de nombreuses familles, leurs souvenirs, leur chez eux, leur vie… tout est là-bas » .

Appel au préfet

« Dans les CAO, on les aide administrativement mais on ne les occupe pas. Ils ne font rien de la journée » explique Pierre-Louis. D’où l’utilité du collectif et « des parrainages qui leur ont permis d’être dans une dynamique positive. Ils suivent pour la plupart des cours de français ou de langues étrangères. Dans le contexte politique actuelle, c’est une initiative qui fait réfléchir les gens » . Et par la même faire passer des messages aux élus. À ce titre, le député EELV -Europe Écologie-Les Verts- de l’Hérault, Jean-Louis Roumégas est venu apporter son soutien.

Au contact des demandeurs d’asile, le collectif Migrant-e-s Bienvenue 34 aimerait être reçu par le Préfet de l’Hérault : « Pour dire que l’on a tissé des liens avec ces gens. Ce ne sont pas des numéros. Ce sont des gens qui ont un vécu, un passé et qui savent ce qu’il les attend s’ils étaient renvoyés chez eux. Donc on aimerait en discuter tout simplement, exposer ce que l’on a vécu, leur situation, même discuter au cas par cas avec le Préfet comme cela peut se faire avec d’autres instances » .

Durant la marche partie du Peyrou pour rejoindre la Préfecture avec une étape par la place de la Comédie, les trois visages géants étaient portés comme des étendards de la solidarité possible et nécessaire. Sous leurs portraits, les trois jeunes hommes et leurs camarades pouvaient la sentir et y puiser de la force.

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Journaliste depuis plus de 10 ans et amoureux de Montpellier, Cédric se décrit comme un observateur discret de la vie locale. Aux scoops, il préfère consacrer sa plume à mettre en lumière individus et initiatives. Ses centres d’intérêt ? « Aussi variés que les facettes de la ville ».

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