Polices municipales de l’Hérault : l’état des lieux

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Jean-Michel Weiss, FA-FPT Police municipale. - D.R.

Des effectifs renforcés, des compétences de plus en plus larges et des formations souvent remises en question… L’Hérault compte plusieurs centaines d’agents de police municipale. L’heure est désormais au bilan.

Nous avons sollicité Jean-Michel Weiss, l’un des plus grands représentants nationaux des policiers municipaux. Responsable de la direction de la sécurité et de la police municipale à La Grande-Motte, il est également le secrétaire national, ainsi que des départements du Gard et de l’Hérault pour le syndicat FA-FPT – Police municipale. Ses fonctions ne s’arrêtent pas là, puisqu’il est l’un des huit représentants de la fonction, au sein de la commission consultative des polices municipales (CCPM), au côté de huit élus et de huit représentants de l’État.

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Nous en parlons peu souvent, pourtant leur travail ne cesse de s’accroître en France et leurs compétences évoluent régulièrement. Dans l’Hérault, près de 900 policiers municipaux et 260 agents de surveillance de la voie publique, assurent la sécurité, la salubrité et la tranquillité publique.

Armement ou pas ?

Après les attentats perpétrés en France, l’armement des polices municipales était au cœur de tous les débats. Au lendemain de l’attentat de Nice, les syndicats avaient fait la demande pour que les policiers municipaux puissent être équipés de pistolets semi-automatiques 9mm. Par un décret paru au Journal of ciel le 29 novembre dernier, ils peuvent désormais porter des armes semi-automatiques, comme les policiers nationaux ou les gendarmes. Des armes bien plus efficaces que le 38 spécial ‘‘revolver à six coups’’, obligeant le chargement après chaque tir.

Placés sous l’autorité du maire, tous les services de police municipale ne sont pas armés. Certains maires souhaitent encore rester dans des armes plus défensives, comme les bombes lacrymogènes, les matraques, ou encore les flash- ball. À ce jour dans l’Hérault, 29% des polices municipales sont armées.

Quelles sont les plus ‘‘fortes’’ ?

Pour Jean-Michel Weiss, ‘‘le bon ratio est d’un agent de police municipale pour 1 000 habitants, mais tout dépend du travail que l’on demande à sa police’’. Si le nombre de missions con ées aux polices municipales peut être plus ou moins important, chaque commune adoptera une politique différente. En recoupant le nombre d’agents avec le nombre d’habitants par commune, le résultat est impressionnant. Une commune de 265 habitants peut avoir deux agents, alors qu’une autre de plus de 3 000 habitants n’en aura pas. Tout est histoire de politique de sécurité.

Dans les villes héraultaises de plus de 20 000 habitants, le ratio est très varié. Il y a un agent pour 473 habitants à Agde, un pour 572 à Lunel, un pour 688 à Béziers et un pour 964 à Frontignan. À Sète, il y a un agent pour 1 041 habitants, un ratio qui ne tient pas compte de plusieurs recrutements récents. En 2015 à Montpellier, le ratio était d’un agent pour 1 339 habitants. À ce jour, il serait d’un agent pour 1 156 habitants, une nette amélioration en trois ans, alors que le nombre d’habitants est en hausse permanente.

Lunel, La Grande-Motte, Lattes ou encore Agde, disposent d’un service opérationnel 24h/24. À Montpellier, le choix a été d’opter pour un service opérationnel de 7 heures, jusqu’à 4 heures le lendemain, soit une plage totale de 21 heures. De véritables agents qui assistent au quotidien les fonctionnaires de police de la Sécurité publique ou encore les militaires de la gendarmerie nationale, dans leurs missions quotidiennes.

Des missions et des formations qui évoluent

« La mission des policiers municipaux est d’assurer la sécurité, la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique, tandis que celle des policiers et des gendarmes est de garantir la sécurité des personnes et des biens » nous confiait Jean-Michel Weiss. Plus les années passent et plus les missions se multiplient, tout comme la formation des agents. En effet, pour être policier municipal, il faut satisfaire une formation initiale de six mois et suivre régulièrement des formations continues obligatoires. Sans parler de la prise de grade. Pour l’armement, que ce soit un revolver, un pistolet ou encore un taser, il faut suivre une formation de neuf jours, puis s’entraîner au minimum deux fois par an au tir, avec 50 cartouches. Des entraînements sous l’égide d’un moniteur en maniement des armes du CNFPT (centre national de la fonction publique territoriale), formé en écoles de gendarmerie ou de police.

Vidéo-surveillance, police-secours, police de la route, circulation ou encore stationnement, les policiers municipaux sont les véritables bras-droits des forces de l’ordre, en plein état d’urgence. Depuis ces dernières années, des unités d’interventions spécialisées se créent dans certaines villes, dans l’objectif de répondre aux nouvelles formes de délinquance et d’insécurité. À Béziers, depuis l’élection de Robert Ménard, la montée en puissance de la police municipale se poursuit, et pour cause : après une augmentation considérable des effectifs, l’armement, les caméras, les tasers, la brigade équestre, les Biterrois viennent d’accueillir six nouveaux agents cynophiles. Quatre gardes-champêtres devraient arriver prochainement. L’Hérault n’en compte que 19.

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