Auto-entrepreneur : un statut en péril ?

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Illustration - Allili Mourad/SIPA
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ÉCONOMIE. Depuis janvier dernier, le régime de l’auto-entreprise a de nouveau évolué à la demande du législateur. Jénora Sagbohan, responsable du service client d’Evo’Portail, portail d’accompagnement des auto-entrepreneurs en France, livre les témoignages recueillis auprès des bénéficiaires à la veille de l’élection présidentielle.

Chaque jour, la France comptabilise 500 inscriptions au régime de l’auto-entreprise. Une moyenne qui ne faiblit pas, malgré les multiples réformes qui ont pu ralentir ou freiner celles et ceux qui veulent se lancer et entreprendre sans risques.

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« La simplicité du statut d’auto-entrepreneur et les démarches de création sont extrêmement rapides, donc toujours aussi attractives », explique Jénora Sagbohan, responsable du service client d’Evo’Portail. Derrière ce dynamisme, Evo’Portail qui aide les auto- entrepreneurs dans leur développement au quotidien, relève une fragilisation de leur situation. En effet, les modifications législatives, entrées en vigueur au 1er janvier dernier, ont été accueillies en demi-teinte, à l’image du stage de préparation à l’installation.

Stage jugé onéreux

Obligatoire dans un délai de 30 jours après leur immatriculation, pour les créateurs d’activités artisanales, ce stage est le plus souvent jugé onéreux. Une moyenne réalisée sur l’ensemble du territoire national, à partir des tarifs pratiqués par les organismes parapublics concernés, en estime le coût à 250 euros par ressortissant. De quoi justifier, selon Evo’Portail, les inscriptions au régime en repli dans les secteurs du commerce (-18%) et de la construction (-22%) ; des chiffres corroborés par un récent rapport d’INSEE Première.

Complexité des formalités 

Autre pierre d’achoppement, le formalisme, pourtant réputé totalement facile pour accéder au régime et obtenir un numéro de SIRET, « les auto-entrepreneurs que nous prenons en charge, sont le plus souvent, confrontés à des frais de rejet de dossiers auprès des organismes para-publics. Quant à la dématérialisation qui sera inéluctable dans quelques mois, ils ne se sentent pas encore à l’aise avec » constate Jénora Sagbohan.

Bienfaits de l’ubérisation et des outils digitaux

À l’opposé, les immatriculations augmentent significativement en 2016, dans le domaine des transports, selon la dernière enquête de l’INSEE (+ 7 400, soit + 72%). Dans une enquête conduite par la Fédération des auto-entrepreneurs sur l’ubérisation en juin 2016, 1/3 des bénéficiaires du régime déclarait avoir recours aux plateformes numériques, pour être mis en relation avec les particuliers. 20% d’entre eux précisaient alors, qu’elles apportent plus de 40% de leur chiffre d’affaires.

Une hausse des seuils bien accueillie 

La hausse des seuils de chiffre d’affaires fait davantage consensus auprès des populations concernées. À savoir, 82’800 euros -contre 82’200 en 2016- pour les entreprises d’achat-revente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement. Et 33’200 euros -contre 32’900 en 2016- pour les autres entreprises de services. Une embellie bien accueillie, mais qui ne pourra aller plus loin. Il faut rappeler que les auto-entrepreneurs bénéficient de l’exonération de TVA. Par ailleurs, le statut a tout à la fois vocation à permettre d’entreprendre librement, mais aussi d’être un tremplin vers le régime de droit commun : SARL, SA, SAS, etc.

Alors, le statut d’auto-entrepreneur est-il en péril ?

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Directeur des rédactions du groupe, Xavier est à 30 ans, la « force tranquille » de Média Métropolitain. Passionné d’architecture et de culture, il se spécialise néanmoins depuis déjà 5 ans dans l’économie et la politique régionales, tâchant d’imprégner ses papiers d’un humour conforme…à ses origines belges !

3 RÉACTIONS

  1. Attention les auto-entrepreneurs ne sont pas « exonérés » de TVA mais « non assujettis » ce qui est très différent : ils la payent plein pot sur les achats.

    • Je me suis fait la même reflexion le terme « exonérés » est inexact et mal venu car interpreté comme une reduction ou un avantage alors que cela représente une charge dans la réalité !!

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