Zak Ostmane, journaliste engagé.
BANNIERE

JUSTICE. Selon le quotidien La Provence qui révèle l’information ce samedi, un légionnaire du 2ème Régiment d’infanterie -REI- de Nîmes qui était recherché comme déserteur depuis une semaine a été mis en examen vendredi par un juge d’instruction du tribunal de grande instance (TGI) de Marseille pour viol, séquestration, extorsion, violences aggravées et vol aggravé, des faits présumés passibles de la cour d’assises. Un ancien légionnaire, complice présumé, a été également mis en examen pour  ces mêmes crimes.

La victime, Zak Ostmane, 37 ans est un militant connu et reconnu de la cause homosexuelle, bisexuelle et transsexuelle en Algérie. Journaliste engagé d’opposition, il a dû quitter son pays natal en juillet 2014. La France représentait « un refuge » à ses yeux. Depuis, il déchante, après avoir vécu un véritable calvaire. Il été drogué dans un bar -au GHB, la drogue du violeur ?- et amené dans une chambre d’un hôtel du quartier de l’Opéra. Dans un sordide huis-clos, les deux militaires, un Américain et un Britannique ont abusé de lui. C’était entre vendredi 3 et dimanche 5 mars derniers.

« Comme un punching-ball »

PAVÉ

Un récit effrayant, glaçant rapporté par La Provence sous la signature de Romain Capdepon : « Rapidement, l’Américain est sorti de la chambre, l’Anglais m’a proposé une bière, et il m’a frappé direct. J’ai visiblement eu un moment d’inconscience totale, parce que quand je me suis réveillé, il était en train de me sodomiser. L’Américain a fini par revenir, mais, son ami ne lui a pas dit ce qui venait de se passer. Il a exigé de l’argent. J’ai donné ma carte bleue, mais avec un faux code. Ca a été l’erreur de ma vie. L’Américain est revenu bredouille et du coup, l’Anglais, qui prenait régulièrement de la coke et du whisky, m’a roué de coups de poing et de pied. Il a fini par déchirer les draps de l’un des lits et s’en est servi pour m’attacher, aux poignets et aux chevilles, à une chaise. Là, ils se sont servis de moi comme d’un punching-ball. L’Américain s’est revendiqué skinhead, il a pété un câble, s’est mis à parler de Trump, du fait qu’en France on se moque de lui, il a évoqué les Arabes et les noirs en France. Il m’a soulevé avec la chaise, et m’a projeté contre un mur. J’ai hurlé, mais, il s’est jeté sur moi et m’a placé un couteau sous la gorge en me disant que si je ne me taisais pas, il me tuerait. Ils ont mis la musique super fort et m’ont demandé de nettoyer le sang qu’il y avait sur le sol et les murs. ».

Sévices filmés

Selon la victime, le duo s’est servi du smartphone de Zak pour filmer les sévices. « C’est peut-être ce qui m’a permis d’arrêter de recevoir des coups pendant quelques heures, parce que visiblement, ils ont envoyé les vidéos à leurs copines, et l’une d’elle a gueulé et leur a dit d’arrêter. »

Zak, après quelques moments d’un sommeil léger, a droit à un Doliprane, au cours de la matinée du samedi. « J’ai demandé plusieurs fois d’être libéré, mais, ils refusaient toujours, en me menaçant de mort si je pensais aller voir la police. » C’est le dimanche matin que l’espoir renaît, après 36 heures de séquestration. « Alors qu’ils somnolaient toujours, j’ai vu passer une patrouille de police de la municipale, je me suis dit, soit je reste et ils vont finir par me liquider, soit j’ouvre la fenêtre et je hurle. ». Un passage de policiers providentiel.

Ces policiers municipaux sont alors montés jusqu’à la chambre et ont procédé, avec l’aide de la brigade anticriminalité -BAC-, appelée en renfort, à l’interpellation des deux tortionnaires. « Ce sont des monstres » conclue Zak. Les deux légionnaires dorment en prison.

Le journaliste algérien méconnaissable sur son lit d’hôpital.

Téléchargez l'application Métropolitain !

PARTAGER
mm
Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

Une réaction

Laisser un commentaire