8 mars : une journée importante pour les droits de la Femme ?

0
Françoise Fassio, femme engagée pour les droits des femmes © Mario Sinistaj
1140×200 fun

TÉMOIGNAGE. Une des pionnières de la lutte pour la parité femmes-hommes est Montpelliéraine: Françoise Fassio, septuagénaire pétillante, actuellement à la tête de la structure Adages était au côté de Françoise Giroud en 1975 pour leur combat via 101 propositions. 50 ans après, l’ancienne déléguée à la condition féminine dresse le bilan.

300×250 fun

8 mars : une journée importante pour les droits de la Femme ?

  • Non (63%, 271 Votes)
  • Oui (33%, 141 Votes)
  • NSPP (4%, 16 Votes)

Total : 428 votants.

Loading ... Loading ...

À chaud, comme ça, qu’est-ce que vous retenez de cette lutte ?

50 ans après, il y a toujours les questions de l’avortement et de la contraception, même s’il y a eu des avancées. Je relève qu’on parle plus de la femme en politique maintenant qu’en 1975, d’ailleurs, il y a des femmes maires. Le problème de l’égalité professionnelle se pose encore. La loi des genres était déjà d’actualité en 1975 en Europe, grâce à une féministe italienne, elle en parlait déjà. Bref, 50 ans ont passé et il y a toujours les mêmes débats. Ce qui est frappant, c’est la nette évolution du maternage par les pères. Ils sont incontestablement plus présents dans l’éducation de leurs enfants que dans les années 80 et 90, il y a un progrès énorme.

Quelles étaient les principales 101 propositions de 1975 ?

Des obligations positives pour les femmes sur la nationalité, le droit au divorce, le regroupement familial, la contraception, la recherche de paternité, les droits sociaux, l’égalité professionnelle, l’accès au travail, la prostitution, etc. On avait fait un questionnaire soumis à tous les responsables des associations de l’ex-région Languedoc-Roussillon pour savoir quel était le souhait des femmes pour obtenir l’égalité. On avait bâti 101 propositions, dont certaines restent d’actualité en 2017. Beaucoup de ces propositions ont été faites entre 1975 et 1981. Après, avec des gouvernements différents de gauche avec François Mitterrand en 1981 et de droite, on a repris et amélioré la quasi totalité de nos 101 propositions. Avec par exemple, la loi sur l’avortement : on a un peu allongé le délai pour pouvoir faire une IVG, Il y a eu une campagne en faveur des femmes seules pour élever leurs enfants, je me souviens très bien, sur lequel on a beaucoup travaillé. Maintenant, c’est un grand sujet, combien de femmes sont seules pour s’occuper de leurs enfants !? Regardez le problème des femmes de commerçants, d’artisans, d’entrepreneurs, d’agriculteurs, de viticulteurs, d’apiculteurs qui travaillent avec leur mari et qui n’ont pas de salaire. Nous nous en étions émus dès 1975. Il n’y a pas eu d’évolution spectaculaire. L’absence de reconnaissance salariale est récurrente, 50 ans après.

Comment s’est passée votre rencontre avec Françoise Giroud ?

J’étais médecin de protection maternelle infantile, la pédiatrie sociale. On a ouvert à Montpellier le premier centre de contraception de l’Hérault. À cette occasion, j’ai été nommée dans le comité des droits des femmes de Françoise Giroud, que j’ai rencontrée. C’est un des meilleurs souvenirs de ma vie. Je suis allée la voir, je parlais avec elle comme avec vous, là. En 1976 ou 1977, j’ai organisé une grande journée à Montpellier, elle m’avait fait l’honneur de venir. Cette rencontre avait été organisée salle Pétrarque par la préfecture de Région LR et tombait en pleine crise viticole, avec des manifestations musclées de viticulteurs. Le préfet n’était pas très à l’aise. Il m’a dit ‘‘c’est de la folie, ça va foutre la révolution’’, il avait peur ! Tout a été au top : François Giroud a pu échanger avec
des femmes de viticulteurs. Ça a débouché sur la nomination d’une correspondante dans chaque département de LR. On a mis en place le centre d’information féminin, devenu le centre d’information des droits des femmes, financé par l’Etat et le Département.

DES FEMMES DÉTECTIVES

Vendredi, se tenait au Corum à Montpellier, le congrès national du Syndicat des détectives et des agents de recherches,, le SDAR, couplé aux 20 ans de l’Institut des agents de recherches, l’IFAR fondé par le Montpelliérain Yves Conversano. Ce dernier se félicitait d’une présence très féminine parmi les 120 congressistes : plus de la moitié de détectives privés étaient des femmes, dont une venue spécialement de Guadeloupe. ‘‘Et dire que quand j’ai fondé l’IFAR en 1997, il n’y avait que 5 femmes parmi l’effectif de mes élèves’’ révèle Yves Conversano. Un constat positif à l’heure où on fête la journée internationale des droits de la femme.

UN RAPPORT DE LA MÉTROPOLE

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, Montpellier Méditerranée Métropole (3M) a édité un rapport de 30 pages sur l’analyse et le bilan de la parité femmes-hommes à Montpellier et dans les 31 communes, que nous avons consulté. Il n’y a aucune surprise : il ressort que les inégalités persistent dans le domaine de l’emploi et de l’activité économique. Ainsi, 41,8% des femmes de 25 à 64 ans sont inactives dans les quartiers prioritaires, contre 25% hors de ces quartiers et que leur niveau de responsabilités est plus faible.

Philippe Saurel, maire de Montpellier, président de la métropole salue l’initiative PODEM, projet pour le développement de l’emploi métropolitain, lancé le 4 novembre dernier par le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel. L’égalité femmes-hommes est désormais traitée de manière intégrée, avec de nombreuses actions concrètes qui devraient porter leurs fruits, notamment avec le Planning familial et l’association FACE.

PARTAGER
mm
Journaliste depuis 2015, ce passionné de radio (animation, montage…) et d’informatique, gère notre site Internet et l’intégralité des réseaux sociaux du groupe.

Laisser un commentaire