Policiers en colère : la réforme n’est pas applicable à Sète et Agde

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Illustration - JP

SÉCURITÉ PUBLIQUE. Le mouvement, spontané, inattendu constitue une première en France : des gardiens de la paix des commissariats de police de la circonscription de Sète-Frontignan et d’Agde refusent depuis la soirée de lundi d’assurer les missions, notamment les interventions diurnes et nocturnes suite aux appels sur le 17, le numéro d’urgence de police-secours.

Ce mercredi, la préfecture de l’Hérault a fait appel aux réservistes de la police nationale volontaires dans le département pour être présents dans les deux commissariats.

PAVÉ 250

Comme Métropolitain l’a révélé hier ici, des policiers des brigades de roulement (police-secours) et de la brigade anticriminalité (BAC) restent à leur domicile et refusent de prendre le service, jusqu’à nouvel ordre. Avec des situations difficiles à gérer pour l’état-major de la direction départementale de Sécurité publique de l’Hérault (DDSP 34) et les commissaires, à la tête des deux commissariats de police.

Nouveaux cycles de travail

Ainsi, mardi à Sète-Frontignan, il n’y avait qu’un seul policier disponible pour effectuer les patrouilles, aucun gardien de la paix à Agde…Des renforts ont donc été acheminés en véhicules et en hommes depuis l’hôtel de police de Montpellier. Idem pour Agde, où des policiers de l’hôtel de police de Béziers assuraient les patrouilles et les appels au 17, ce mercredi, après une forte désaffection du personnel.

Cette colère inédite au sein des forces de l’ordre de la police nationale, que le préfet de l’Hérault tente d’apaiser intervient dans un contexte d’une réforme de la direction centrale de la sécurité publique, qui est déjà mise en oeuvre, dans les hôtels de police de Montpellier et de Béziers, où les effectifs de roulement, les vacations 24h sur 24 sont nombreux.

En fait, de nouveaux cycles de travail appelés « Vendredi fort » sont exécutés depuis le début de l’année, à la grande satisfaction des gardiens de la paix, qui au lieu d’avoir un week-end toutes les six semaines disposent désormais de deux week-ends par mois. Selon nos informations, le point le plus important de cette réforme, à savoir ces cycles de travail allégés ne peut pas être opérationnel dans les circonscriptions de police nationale de la dimension de ceux de Sète-Frontignan et d’Agde. En effet, l’absence de policiers deux week-end par mois déboucherait sur un manque d’effectif criant pour pouvoir « armer » les véhicules de patrouille, ceux de police-secours et de la BAC. En clair, il y aurait moins de présence policière pour assurer la sécurité des biens et des personnes. D’où le report, pour l’heure de la mise en application des nouveaux cycles de travail à Sète et à Agde.

La position des syndicats

Interrogé mardi soir par Métropolitain sur cette action inattendue, Bruno Bartocetti, délégué régional du syndicat -majoritaire- Unité SGP Police-FO donne sa position : « C’est le résultat d’un blocage aveugle d’une direction centrale de la Sécurité publique qui refuse d’admettre que les conditions de travail des policiers passent par un changement d’horaires. Les policiers veulent se préserver, tout en respectant le service public. Alors que nous avions proposé des solutions, lors des dernières réunions en préfecture de l’Hérault, l’échec se trouve dans la maison de la préfecture. C’est au préfet de donner des explications ». Pour Unité SGP-Police FO, « la solution est de remettre à plat les derniers préparatoires qui ont eu lieu en préfecture de l’Hérault, afin que le préfet admette que la solution n’est pas de tenir un commissariat de police avec des réservistes, mais bel et bien avec des policiers actifs, dans des conditions de travail acceptables. De plus, les policiers réservistes ont interdiction d’assurer des missions sur le terrain sans personnel actif ».

Selon Bruno Bartocetti, plus de 150 policiers de l’Hérault étaient en « burn out », ce mercredi.

Séverine Colarde, déléguée départementale du syndicat Alliance réagit : « Après les fonctionnaires de Sète, ce sont les fonctionnaires de police d’Agde qui sont en arrêt maladie. En effet, à 13h, mardi il n’y avait aucun effectif Police Secours au commissariat d’Agde. La raison : le refus de l’administration d’appliquer le nouveau cycle de travail dit « vendredi fort ». Des mois de discussions, de multiples réunions où les fonctionnaires se sont clairement positionnés pour ce cycle pour finalement aboutir à un rejet de l’administration au motif que le nombre de fonctionnaires est insuffisant. Notre syndicat, a, en préfecture, défendu et débattu sur le sujet mettant en exergue la faisabilité de ce cycle avec les arrivées en mars à Agde de 6 titulaires et de 16 Adjoints de Sécurité sur le département. L’administration est restée sourde à nos propositions, passant au forceps un cycle qui ne change rien à la qualité de vie de nos collègues voir qu’il l’obscurcit. Les collègues continueront à n’avoir qu’un vrai week-end sur 6 alors qu’ils auraient pu bénéficier d’un week-end sur deux. Au niveau des policiers d’Agde, c’est l’incompréhension totale, le sentiment de trahison qui domine face à une administration qui leur en demande toujours plus mais qui n’est pas capable de leur donner satisfaction ».

Affaire à suivre.

 

 

 

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

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