Libération du commanditaire : la fille du juge Michel scandalisée

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Le juge d'instruction Pierre Michel, juste avant son exécution.

EXCLUSIF MÉTROPOLITAIN. Béatrice Michel, avocate au barreau de Montpellier est tombée des nues, ce vendredi matin, à la lecture de Métropolitain et exprime sa très vive colère : « C’est quand même incroyable, j’ai appris la libération de François Girard, le commanditaire de l’assassinat de mon père, le juge d’instruction Pierre Michel, en 1981 à Marseille par votre média. J’ai eu des confrères d’ici qui pensaient que j’étais au courant, eh bien, non, une fois de plus. Est-ce que vous vous rendez compte de l’énormité de la situation », assure t-elle, scandalisée du sort réservé aux familles des victimes : « En plus, c’est le commanditaire de l’assassin d’un juge et des magistrats n’ont pas pris la peine de nous informer. Ma maman qui vit à Montpellier depuis le décès de papa n’est pas encore au courant, il va falloir que je lui annonce la nouvelle avec ménagement. Depuis, elle vit toujours avec cet assassinat qui la hante, qui nous hante ». L’avocate est indignée.

Un premier fiasco judiciaire

Béatrice Michel est d’autant plus scandalisée qu’elle avait appris, ces dernières semaines, que François Girard, dit « le blond », 68 ans avait déposé une demande de libération conditionnelle pour des raisons de santé auprès du juge de l’application des peines (JAP) du tribunal de grande instance de Moulins, dans l’Allier. Invitée à faire des observations, elle s’y était formellement opposée : « François Girard avait déjà obtenu une libération ces dernières années, à cause d’un véritable fiasco judiciaire. Il avait déjà donné un problème de santé à l’époque, à savoir qu’il souffrait de soucis cardiaques lourds. Or, une fois en liberté, il avait repris son trafic de drogue, à Marseille et les policiers qui le filaient avant son arrestation, avaient constaté que pour un gros malade du coeur, il faisait 5 km de jogging en plein soleil, l’été, sur la Corniche, à Marseille. Il avait déjà endormi les juges ».

Aucune date en retour

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La fille de feu Pierre Michel poursuit son témoignage, qui en dit long sur les dysfonctionnements de notre justice : « Depuis que ma mère et moi avons formulé nos observations, auprès du JAP et de la commission en charge d’étudier la requête de libération conditionnelle du condamné, nous n’avons plus eu aucune nouvelle. Je suis avocate, je connais donc bien les rouages de la justice. Je savais bien que cette commission qui siège à la centrale de Moulins, où François Girard est détenu rendrait sa décision assez rapidement. Je n’ai eu aucun délai fixé et donc aucune date en retour. La semaine dernière, inquiète de ce silence, j’ai appelé la cour d’appel de Riom, dans le Puy-de-Dôme, qui est compétente. Je n’ai pas pu avoir le service du greffe, au motif que le réseau téléphonique interne était en travaux et que les services étaient injoignables. C’est incroyable, j’ai appris la libération du commanditaire de l’assassinat de mon père par votre site ce matin. Encore un coup de poignard de la justice à l’égard de notre famille, c’est une honte ».

Béatrice Michel va alerter rapidement le ministre de la Justice et va demander des comptes, notamment au Premier président de la cour d’appel de Riom.

À la Une de Métropolitain ce matin.

 

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

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