Assassinat du juge Michel : le commanditaire libéré

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Le juge d'instruction Pierre Michel, juste avant son exécution.
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JUSTICE. Selon le quotidien La Provence qui révèle l’information ce vendredi, François Girard, dit « le blond », âgé de 68 ans, commanditaire de l’assassinat du juge d’instruction Pierre Michel, le 21 octobre 1981 sur un boulevard de Marseille va être libéré, après vingt-six années de détention.

François Girard a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec 18 ans de sûreté en 1988 par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour avoir commandité l’assassinat du juge Michel, qui portait un rude coup au trafic d’héroïne et de cocaïne , après le démantèlement de laboratoire de fabrication de ces drogues dures. Le redoutable juge Michel avait décapité la French connection, entre Marseille et la mafia sicilienne.

Veuve et fille à Montpellier

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Jeudi, la cour d’appel de Riom, dans le Puy-de-Dôme, saisie d’une demande de libération conditionnelle a accordé sa libération sous bracelet électronique de la centrale de Moulins-Yzeure, dans l’Allier, où il purgeait sa peine. Il souffre d’un cancer. Il va vivre chez une cousine, en Gironde.

Sa remise en liberté est assortie d’un contrôle judiciaire très strict : « le blond » est interdit de séjour dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et dans le département de l’Hérault.

Pourquoi l’Hérault ? Tout simplement parce que la veuve du juge Michel et sa fille, qui est avocate, résident à Montpellier. Un des policiers en poste à la « crim » du SRPJ de Marseille à l’époque, aujourd’hui à la retraite à Carnon, dans l’Hérault, après avoir terminé sa longue carrière au SRPJ de Montpellier était arrivé le premier sur les lieux de l’exécution du juge d’instruction, avec deux collègues.

Le juge Michel venait de quitter son cabinet au palais de justice de Marseille et partait déjeuner sur sa moto, quand les tueurs ne lui ont laissé aucune chance. Il avait été abattu de plusieurs balles de gros calibre à bout portant. « Je revois encore cette scène de cette victime, allongée, ensanglantée près de sa moto couchée sur une des plus grandes avenues de Marseille. Cet homme avait son casque et sur le moment, nous ne l’avons pas reconnu. Jamais nous aurions pensé qu’on assassinerait un juge d’instruction de la sorte », témoigne ce commandant de police honoraire à Métropolitain.

Il se souvient d’une enquête exemplaire menée pendant cinq ans pour retrouver les coupables : « Nous avons mis tous les moyens nécessaires, avec succès. Nous avions frappé un coup énorme dans la fourmilière des petites frappes et des repris de justice marseillais pour qu’ils balancent ».

Un des assassins déjà libre

Charles Altiéri, un des assassins du juge Pierre Michel qui avait agi sur les instructions de François Girard, a été remis en liberté conditionnelle avec un bracelet électronique en octobre 2014.

Premier juge d’instruction à Marseille, chargé des affaires de drogue les plus importantes dont celle de la « French connection », Pierre Michel, alors âgé de 38 ans, avait été tué à le 21 octobre 1981. Il avait reçu trois balles dans la tête, alors qu’il rentrait chez lui pour déjeuner. Deux hommes casqués circulant à moto avaient tiré les coups de feu, ans un guet-apens.

Cet assassinat avait provoqué une émotion considérable. Charles Altiéri, qui conduisait le deux-roues, et son complice, François Checchi, avaient été condamnés en 1988 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans. « Nous n’avons été aucunement informées ni de la demande d’Altieri, ni de la décision dont il bénéficie. Au mépris du code de procédure pénale, au mépris du droit des victimes » avaient réagi dans un communiqué la veuve et les deux filles du magistrat, domiciliées à Montpellier.

Indignation de la famille

François Girard avait déjà bénéficié d’une suspension de peine ces dernières années. « Ces deux décisions concernant MM.Altiéri et Checchi interviennent quelques années après le fiasco de la suspension de peine du commanditaire, François Girard. Lequel avait dès sa sortie repris ses activités criminelles pour être rapidement réincarcéré », s’était indignée à l’époque la famille du juge.

Après cinq ans d’investigations menées dans le milieu marseillais, les enquêteurs de la PJ avaient remonté la piste jusqu’à François Girard, membre de la French Sicilian connection, et Homère Filippi. Tous deux étaient alors incarcérés à Marseille dans des affaires instruites par le juge d’instruction Pierre Michel.

En France, seuls deux juges d’instruction ont été assassinés : Pierre Michel, en 1981 à Marseille et François Renaud, surnommé « le shérif » en 1975, à Lyon. Le commanditaire et les tueurs du juge Renaud n’ont jamais été identifiés.

>> À SUIVRE : La colère de la famille du juge Michel qui a appris cette libération par Métropolitain.

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

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