ENQUÊTE. L’enquête des policiers de la sûreté départementale de l’Hérault n’a pas traîné : l’incendiaire présumé de la société Labo Services, dans le Parc 2000 de la Mosson-Pierrevives, à Montpellier, dimanche après-midi a été rapidement identifié et interpellé. Après avoir nié, dans un premier temps en garde à vue au commissariat central de Montpellier, il est passé aux aveux, face aux éléments matériels en possession des enquêteurs.

Il s’avère que cet ex-pharmacien biterrois de 52 ans, domicilié à Montblanc, entre Béziers et Pézenas s’est trompé de cible : son objectif était d’incendier l’étude des huissiers de justice implantée dans une aile du bâtiment du 153 de la rue Claude François, dans la zone franche du Parc 2000. Un bâtiment qui abrite d’autres sociétés, dont Labo Services, sur une surface de 450 m2.

Comptes bancaires bloqués 

Ce quinquagénaire voulait se venger du blocage récent de ses comptes bancaires via un avis à tiers détenteur (ATD) par cette étude d’huissiers d’ici d’une somme de 15’000 €, tandis que dans le même temps, il a été destinataire de lettres recommandées du fisc de l’Hérault lui réclamant le paiement d’1,5 M€, qu’il est soupçonné d’avoir dissimulé, alors qu’il exploitait sa pharmacie, à Béziers.

Il ressort, selon les investigations des policiers, que le commerçant n’aurait jamais déclaré ses revenus depuis ces dernières années, ni qu’il aurait cotisé auprès de la caisse vieillesse de retraite des pharmaciens, depuis qu’il exerce cette profession. Depuis ces dernières semaines, il recevait quasiment tous les jours à don domicile de Montblanc des courriers recommandés et des relances pour qu’il consentent à régler ces grosses sommes, dont il conteste le montant.

Un motard aperçu sur les lieux

L’ancien pharmacien aurait considéré comme un véritable harcèlement ces lettres et relances quotidiennes, dont il n’avait donné aucune suite. D’où le récent blocage de ses comptes bancaires à la hauteur de 15’000 €, qui lui aurait fait « péter les plombs ».

Au même moment, le fisc l’abreuvait de courriers lui réclamant le règlement d,1,5 M€ d’impôts sur les revenus, avec également une autre menace de blocage de ses comptes bancaires. C’en était trop pour le quinquagénaire qui a mûri sa vengeance : il a décidé de venir incendier l’étude des huissiers à Montpellier.

Sachant que le week-end, cette zone du Parc 2000 était déserte, puisqu’il avait au préalable repéré les lieux, il est venu de Montblanc en milieu d’après-midi au guidon de sa moto de type BMW, pour s’introduire dans l’enceinte de ces sociétés mitoyennes, briser une vitre d’un des bâtiment, asperger l’intérieur d’essence et craquer une allumette. Avant de s’enfuir.

Un témoin, intrigué par le manège de ce motard juste avant que les sapeurs-pompiers n’interviennent pour combattre l’incendie, a relevé des détails importants comme le type -une BMW-, la cylindrée -grosse-, la couleur et les vêtements du motard. Il n’avait pas eu le temps de relever le numéro de la plaque d’immatriculation, du moins entièrement.

Flashé par un radar

Un témoin capital en fait, puisqu’avec ces éléments matériels, les policiers de la sûreté départementale de l’Hérault parvenaient à isoler une moto de marque BMW de grosse cylindrée, de la même couleur que celle décrite par le témoin. Elle apparaissait sur le fichier des deux roues motorisées récemment flashés par un radar sur une route du département.

Le motard portait les mêmes vêtements et le casque identique que ceux notés par le témoin. D’autres détails tenus secrets ont permis de corroborer les soupçons sur cet ancien pharmacien biterrois, interpellé mercredi à 7h45, à son domicile de Montblanc.

Condamnation : jugé vendredi après-midi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Montpellier, l’ex-pharmacien biterrois a été condamné à deux ans de prison, dont six mois avec sursis et incarcéré.

 

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