Le procureur Barret et le commissaire De Freitas. Photo Anthony Montardy

PRISON. La rocambolesque évasion qui a mis en émoi les urgences du CHU Lapeyronie de Montpellier, dans la nuit de mercredi à jeudi a connu des prolongements judiciaires, ce vendredi, avec la présentation de deux hommes et d’une femme, en fin d’après-midi au parquet de Montpellier. Dans la soirée, Georges Antero Queiros Da Silva, 55 ans a été mis en examen par un juge d’instruction pour « tentative d’homicide volontaire sur un agent chargé d’une mission du service public, évasion par des violences volontaires sur des agents dépositaires de l’autorité publique, violences avec arme sur des agents dépositaires de l’autorité publique », sa femme âgée de 35 ans et un complice présumé, 35 ans également pour « complicité d’évasion ».

Le procureur de la République, Christophe Barret a annoncé que le parquet avait requis le mandat de dépôt contre les trois mis en examen, impliqués à des degrés divers dans cette affaire. Le détenu de la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone se serait volontairement blessé dans sa cellule, s’occasionnant une plaie pour se faire transporter au CHU. C’est son codétenu qui a alerté un surveillant mercredi vers 19h, signalant que Georges Antero Queiros Da Silva s’était blessé en tombant de son lit en cellule…

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Trois agents pénitentiaires -un gradé, un homme et une femme- se présentaient alors aux urgences du CHU Lapeyronie, où un médecin a examiné le détenu dans un box. Après des soins appropriés à son état, il signait un bon de sortie. Vers minuit, l’escorte allait ramener le détenu à la prison.

Gaz lacrymogène et pistolet

Au moment où les surveillants allaient faire grimper le détenu, menotté, à bord du véhicule, une femme surgissait brusquement. Elle avait le visage caché par un voile et était affublée de lunettes de soleil. La gardienne de prison était gazée avec une bombe lacrymogène, tandis que l’inconnue exhibait un pistolet, braquant les agents pénitentiaires pour les obliger à laisser filer le détenu. Lequel se libérait de ses menottes, s’emparait de l’arme à feu et s’enfuyait en courant en direction de l’entrée principale du CHU.

« Alertés par les bruits confus de la scène de l’agression, un agent de sécurité et un aide-soignant, ne sachant pas trop ce qui se passait, mais apercevant un individu détaler à pied se sont courageusement lancés à sa poursuite. Sur le trajet, le suspect s’est retourné plusieurs fois pour les obliger à cesser leur poursuite, avant de se rapprocher de l’aide-soignant et de faire feu dans sa direction, à 7 ou 8 mètres de distance. Il est formel, il a bien aperçu la flamme sortir du canon, il était donc bien visé » a indiqué le procureur de la République, précisant que, « lors de sa garde à vue, l’évadé a déclaré avoir tiré en l’air. Ce sera à l’information judiciaire d’établir la vérité ». Pour cette rencontre avec la presse, Christophe Barret était entouré du commissaire Anthony De Freitas, directeur adjoint du SRPJ de Montpellier.

Localisé dans une résidence

Les témoins ont fait mine de stopper leur course, mais ont discrètement continué à suivre de loin le déplacement du suspect. Ils l’ont vu pénétrer dans une résidence pour étudiants de l’autre côté de la route de Ganges. Là, où les policiers de la Sécurité publique du commissariat central venus en nombre ont pu le localiser et le cueillir, 45 minutes plus tard. Il était en possession du pistolet qui était encore approvisionné avec des munitions de petit calibre.

En revanche, dans la confusion, la femme avait pu s’enfuir du CHU, les trois surveillants de la prison étant impuissants à la poursuivre, immobilisés à cause des gaz lacrymogènes. Le procureur saisissait les policiers du SRPJ de Montpellier qui, dans la nuit portaient leurs soupçons sur la femme du détenu. Ce dernier finissait par avouer qu’il avait organisé ce scénario d’évasion digne d’un polar depuis plusieurs semaines dans sa cellule, avec l’aide active de sa femme, lors de ses visites régulières au parloir, mais également via des échanges avec un téléphone portable, qu’il avait pu cacher dans sa cellule.

20’000 € saisis

Exploitant divers indices, notamment l’analyse de la téléphonie, les policiers du SRPJ de Montpellier parvenaient à localiser l’épouse du détenu, âgée de 35 ans, de nationalité portugaise comme son mari, dans un appartement loué dans le quartier des Arceaux, à Montpellier. Mais, la trentenaire n’était pas seule, quand les policiers de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) ont débarqué, jeudi : elle se trouvait en compagnie d’un Espagnol de 35 ans, également, probablement chargé de gérer la cavale du couple. Car, le détenu et sa femme avaient prévu de quitter rapidement ce repaire de Montpellier pour se mettre au vert en Espagne. La PJ a mis la main sur 20’000 € en grosses coupures, lors de la perquisition du studio, probablement les fonds pour permettre de survivre dans la clandestinité.

Le détenu qui réside avec son épouse près de Porto, au Portugal était incarcéré à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone depuis le mois de juin 2015 dans le cadre d’une procédure de « blanchiment d’escroqueries en bande organisée » d’abord traitée par le parquet de Rodez, dans l’Aveyron, puis par le pôle de l’instruction de Montpellier. Il est soupçonné de faire partie d’un gang international, spécialisé dans les escroqueries dites des pyramides et de paris en ligne. Par ailleurs, depuis septembre dernier, il se trouvait sous le coup d’un mandat européen lancé par la justice du Portugal pour son extradition.

La cour d’appel de Montpellier traite cette procédure, qui devrait être différée en raison de cette évasion.

 

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

3 RÉACTIONS

    • Qui vous dit qu’il est « judéo-chrétien » ?
      Sud Ouest du 14/01/2017:
      « Cet homme a affirmé, le 7 juin dernier, lors de son audition à la préfecture, que les dernières attaques de Daesh en France étaient justifiées par la légitime défense. Il a également dit que le meurtre et le viol ne sont pas des pêchés dès lors qu’ils sont commis par de vrais musulmans »,
      Le jeune converti, né à Saint-Pierre-de-La-Réunion et d’origine portugaise, est domicilié à Bayonne depuis de nombreuses années »

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