Une statue en bronze pour Manitas.
BANNIERE

C’était une promesse de Philippe Saurel, maire de Montpellier, président de la métropole au lendemain de son décès : la Ville installerait une statue de Manitas de Plata sur le parvis de l’hôtel de ville, à Port-Marianne.

Promesse tenue : un sculpteur des environs d’Avignon, dans le Vaucluse a été sollicité et a accepté de réaliser la statue en bronze du plus célèbre guitariste manouche de la planète, à son époque.

PAVÉ

Il s’est déjà attelé à la tâche pour terminer la statue avant l’été prochain. Manitas de Plata en grandeur nature devrait trôner dès le mois de juin devant la mairie, entre les pins, où l’hommage public sera rendu. L’artisan a, en effet environ quatre mois de délai pour le travail de fonderie.

« Doigts de fée »

Manitas de Plata, de son vrai nom Ricardo Baliardo est décédé en novembre 2014 à l’âge de 93 ans, à l’hôpital de Montpellier, où il avait été admis, après avoir été placé en maison de retraite, trois mois plus tôt. Il était né en août 1921 dans la roulotte familiale à Sète, d’un père marchand de chevaux. Dès 9 ans, il maîtrise la guitare sans savoir lire une note, encouragé par son oncle. Dix ans durant, la musique sera un revenu d’appoint, généralement l’été, de cafés en terrasses. Alors octogénaire, le guitariste attirait ses fans, les touristes et les curieux, littéralement « espantés », à la terrasse d’un pub de la Grande-Motte, où il tenait la vedette l’été.

Devenu Manitas de Plata (littéralement « petites mains d’argent » en espagnol, mais plutôt « doigts de fée ») le jeune Gitan commence à fréquenter Jean Cocteau, Brigitte Bardot, les peintres Picasso et Dali. Le photographe Lucien Clergue le recommande à des producteurs américains qui le convaincront d’aller « gratter » à New York, où il triomphe au Carnegie Hall.

93 millions d’albums

Le célèbre guitariste qui s’est également produit au Royal Albert Hall de Londres, a enregistré plus de 80 disques et vendu 93 millions d’albums pendant sa longue carrière. Il était considéré, par certains, comme le successeur de Django Reinhardt.

Manitas de Plata, que les belles femmes ne laissent pas insensible, par ailleurs amateur de grosses voitures et volontiers flambeur, consacre ses confortables revenus à l’entretien de ses proches. Jusqu’à 80 personnes vivaient de ses subsides, femmes, enfants, oncles, neveux, notamment dans la cité Gély, un faubourg sud de Montpellier. En 2011, il racontait qu’il avait toujours vécu à fond ses deux passions, « la musique et les femmes ».

« J’ai joué avec le cœur. J’ai toujours vécu au jour le jour », disait-il. Il confiera  avoir « plusieurs femmes illégitimes », sans savoir exactement combien d’enfants il a engendré : entre 24 et 28. Mais le guitariste génial en a reconnu au moins treize…

 

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Sa passion, c’est son métier depuis déjà 36 ans. Spécialisé dans le traitement des faits-divers et dans les chroniques judiciaires, ce « roi du scoop » natif du Luberon ne compte jamais ses heures. Ses atouts : une plume aiguisée et un réseau d’informateurs à faire pâlir.

5 RÉACTIONS

  1. C’est pas en vendant une mosquée ou mettre une statue d’un gitan que vs allez avoir des voix! Dans ce cas là Altrad qui veut achetez le stade d’ovalie fera voter tous les supporters cadres dirigeants joueurs etc en faveur de Saurel ! Mdrrrr

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