Rodrigo Garcia, directeur de hTh, explique les raisons de son départ

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Rodrigo Garcia a décidé de ne pas renouveler son contrat à la fin de son mandat au CDN de Montpellier en janvier 2018. Dans un long communiqué de pressé le directeur du théâtre hTh explique les raisons de ce départ. Engagé au 1er janvier 2014, celui qui a subi controverse sur controverse précise d’emblée qu’il ira bien au terme de son contrat.

Ces premiers mots sont pour remercier ceux qui ont cru en son projet : « J’ai pu mettre un rêve en marche, grâce à la collaboration et à l’investissement de toute l’équipe de ce théâtre ; et je serai éternellement reconnaissant à ceux qui au Ministère ont cru en mon projet, ainsi qu’aux institutions locales et, plus que tout, à chaque spectateur« .

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La première raison qu’il évoque pour justifier son départ est d’ordre budgétaire : « Lorsque j’ai signé mon contrat, je savais que je disposais d’un budget plus que limité pour développer ce projet (…) Ce à quoi je ne m’attendais pas ce fut de recevoir, un mois après être arrivé, c’est-à-dire au tout début de mon mandat, la nouvelle d’une coupe budgétaire de l’Agglomération de Montpellier de 100 000 euros. Des 450 000 euros dont je disposais plus ou moins  pour les activités artistiques, il ne me restait plus que 350 000« . Rodrigo Garcia explique qu’il aurait pu démissioner à ce moment là. Chose qu’il ne regrette pas mais avec le recul « quatre années à ramer à contre-courant sont plus que suffisantes, surtout lorsque que l’on ne reçoit aucun signe d’encouragement de ceux qui soutiennent économiquement ce théâtre« .

Il revient ensuite sur le changement de nom du théâtre des 13 vents devenu humain Trop humain : « Dans la mesure où le changement que mon projet supposait était radical, j’ai trouvé logique de rebaptiser ce théâtre, pour qu’il soit bien clair que nous commencions quelque chose de nouveau, de différent, et qui nous remplissait d’enthousiasme« . Rodrigo Garcia subit alors un deuxième désaveux de la part des institutions : « J’ai encore en mémoire le ton, proche du cri, du représentant de l’Agglomération lors d’un comité de suivi, nous opposant un refus catégorique qui par la suite allait se concrétiser (…) même si le bâtiment lui-même n’a pas changé de nom. Ce qui a rendu les choses confuses pour le public, qui ne savait plus où il mettait les pieds« .

Et Rodrigo Garcia énumère ensuite les nombreuses incompréhensions qui ont existé entre lui et les institutions. Afin de palier à la faiblesse des transports en commun pour accéder au théâtre, il est allé « frapper à la porte de l’Agglomération pour qu’elle nous aide en mettant à disposition des bus spéciaux. Encore une fois, ce fut un refus catégorique« . Il pointe ensuite du doigt « l’un des problèmes financiers du théâtre » à savoir « un atelier de construction de décors déficitaire que nous partagions avec l’Opéra de Montpellier. Voyant que celui-ci ne s’en souciait guère et que le CDN prenait tous les frais en charge au détriment des projets artistiques, j’ai mis le sujet sur le tapis à chaque comité de suivi. Pour toute réponse le silence, rien que le silence.« . A l’heure où un rapport de la Chambre régionale des comptes accable la gestion de l’Opéra et Orchestre de Montpellier entre 2009 et 2014, l’argument fait un peu désordre.

De son bureau qui n’a pas été construit à ses créations montées avec un budget limité, Rodrigo Garcia explique que dans cette situation « le pire, c’est l’impossibilité de faire venir de grandes compagnies avec des pièces majeures (qui sont des atouts pour le public) parce que nous n’avons pas assez d’argent« .

Le directeur d’hTh revient enfin sur l’éventuel transfert du théâtre au Domaine d’O, sujet hautement politique : « A l’heure actuelle, on ne nous a toujours pas dit dans quelles conditions cela se ferait, avec quels moyens économiques, quelles seraient nos compétences, ni ce qu’il adviendrait des salariés actuels du Domaine d’O… Tout est flou« .

Rodrigo Garcia termine son argumentaire à charge en dénonçant trois mensonges : celui de dire que le théâtre n’a pas de public, que ce dernier n’est pas représentatif de la population montpelliéraine et que « dans mon cas un CDN est peut être une charge trop lourde parce que je suis un artiste« . Dans ce communiqué, Rodrigo Garcia semble lassé du manque de soutien – sans jamais nommer qui que ce soit – en opposition avec son enthousiasme pour que le « CDN soit plus grand« .

« Je quitterai ce CDN en décembre 2017 avec tristesse. Voir le public prendre plaisir aux pièces et en débattre, voir les participants aux laboratoires et aux workshops, prendre part à de si nombreuses activités et à une telle vitalité va me manquer » conclut Rodrigo Garcia. Manquera t’il à Montpellier ? Le sujet sera sans doute aussi polémique que sa présence. Reste un an à ses admirateurs pour profiter de ses idées et créations.

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Pur produit du web, Thierry s’est fait connaître en développant un pure-player d’actualité, rapidement devenu viral. Hyperactif, vous l’aurez croisé au moins une fois sur son scooter, arpentant la ville dans ses moindres recoins pour vous tenir informé en temps réel.

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